L'humanité a jeté un record de 53,6 millions de tonnes de produits électroniques l'an dernier, soit une augmentation de 21% en cinq ans, selon un rapport des Nations unies publié jeudi. Les efforts de recyclage n'augmentent pas au rythme de la croissance des déchets électroniques, a indiqué l'Union internationale des télécommunications (UIT) dans le rapport. L'année dernière, seuls 17% des produits jetés ont été collectés pour être réutilisés. Ainsi, au moins 57 milliards de dollars de composants réutilisables à forte valeur ajoutée - tels que l'or, l'argent ou le platine - ont été jetés ou brûlés plutôt que d'être recyclés. L'UIT a averti que le flot croissant de déchets électroniques crée de graves risques pour la santé et l'environnement, ces détritus contenant de nombreuses substances toxiques, notamment du mercure. L'un des auteurs du rapport, Ruediger Kuehr, a estimé que la sensibilisation croissante au recyclage des déchets plastiques devrait être suivie par un mouvement similaire visant les déchets électroniques. "Sans quoi, nous nous dirigeons vers une crise majeure", a-t-il mis en garde. La course à l'innovation et la consommation effrénée ont fait des déchets électroniques les ordures ménagères dont la croissance est la plus rapide. "Nous parlons par exemple de jouets animés, d'outils de jardin électrique ou de vêtements intelligents qui mesurent le pouls", a énuméré M. Kuehr. Outre le fait que la plupart des produits sont souvent difficiles à réparer, l'obsolescence programmée a augmenté la quantité de détritus. En moyenne, chaque être humain a généré plus de sept kilogrammes de déchets électroniques l'année dernière, soit un total de 350 bateaux de croisière. L'Asie a représenté 24,9 millions de tonnes du total des déchets produits, suivie par l'Amérique avec 13,1 millions de tonnes. L'Europe occupe la troisième place du podium avec 12 millions de tonnes. Par habitant, les continents américain et européen ont toutefois produit beaucoup plus de déchets que l'Asie. (Belga)