La Serbie a annoncé dimanche renoncer à expulser l'ambassadeur du Monténégro dans une volonté d'apaisement, après l'annonce la veille par les deux pays de l'expulsion de leurs ambassadeurs respectifs.Le Monténégro avait déclaré samedi l'ambassadeur de Serbie Vladimir Bozovic persona non grata pour "ingérence dans (ses) affaires intérieures", lui donnant 72 heures pour quitter le pays. La Serbie avait immédiatement annoncé une mesure réciproque à l'égard de l'ambassadeur du Monténégro Tarzan Milosevic. "Nous avons décidé que la Serbie allait dès ce soir annuler sa décision d'expulser l'ambassadeur du Monténégro", a déclaré la Première ministre Ana Brnabic, après un entretien avec le président serbe Aleksandar Vucic. Belgrade veut "tendre une nouvelle fois la main de la coopération et de l'amitié", a-t-elle ajouté. Le conflit est intervenu à quelques jours de l'entrée en fonctions du nouveau gouvernement pro-serbe du Monténégro. Plus tôt dimanche, le Premier ministre désigné du Monténégro Zdravko Krivokapic avait regretté cette crise diplomatique. Il avait promis, sur Twitter, que son gouvernement, qui devrait entrer en fonctions mercredi, travaillerait à l'amélioration des relations entre les deux pays. "Le pouvoir sortant, jusque dans ses derniers jours, n'hésite pas à polariser la société et à creuser les divisions", avait-il ajouté. Mais le Parti démocratique des socialistes du président Milo Djukanovic a approuvé l'expulsion de l'ambassadeur serbe, arguant que sans cesse il "dénigrait le Monténégro". L'ambassadeur de Serbie Vladimir Bozovic avait qualifié vendredi de "libération" la tenue d'une assemblée en 1918 qui avait décidé que le Monténégro rejoindrait la Serbie et intègrerait ainsi le royaume des Serbes, Croates et Slovènes, perdant son indépendance. De manière symbolique, les législateurs monténégrins ont adopté en 2018 une résolution annulant les décisions de l'assemblée de 1918. Le Monténégro a proclamé son indépendance par rapport à la Serbie en 2006, mais des tensions au sujet de l'identité nationale hantent toujours ce petit pays des Balkans. Selon le recensement de 2011, près de 30% des 620.000 habitants du Monténégro se déclarent serbes. Une partie d'entre eux sont remontés contre la volonté du président de consolider l'identité nationale du Monténégro. (Belga)