Après un trimestre passé en grande partie en code rouge en raison de la pandémie de coronavirus, les étudiants de l'enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles entament ce lundi leur traditionnelle session d'examens de janvier dans un climat teinté d'angoisse.En cause: la possibilité laissée aux établissements d'organiser certains examens en présentiel, plutôt qu'à distance, ce qui, selon la Fédération des étudiants francophones (FEF), pose un risque sanitaire inutile à l'heure où les autorités du pays entendent prévenir toute 3e vague pandémique. "Des hordes de, parfois, 600 étudiants pourront se rendre sur leurs campus en utilisant les mêmes transports", s'inquiète Chems Mabrouk, présidente de l'organisation estudiantine. Celle-ci ne comprend d'ailleurs pas pourquoi les étudiants qui ont séjourné plus de 48 heures à l'étranger durant ces vacances de Noël seront, eux, autorisés à déroger à leur obligation de stricte quarantaine le temps de passer leurs examens en présentiel. Alors que le code rouge sera maintenu dans tout l'enseignement supérieur francophone jusque février au moins, certaines universités organiseront jusqu'à la... moitié de leurs épreuves de janvier en présentiel. Ces établissements assurent toutefois qu'il n'y aura en réalité jamais plus de 10% de leur population étudiante en même temps sur leurs campus, ce qui, selon eux, devrait limiter les risques. Fin novembre, la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Glatigny (MR) avait donné son feu vert à la tenue d'examens en présentiel en janvier, mais dans le respect de strictes conditions sanitaires. Ainsi, les salles d'examens ne pourront contenir que 200 personnes maximum. Le port du masque sera obligatoire pour tous, ainsi que le respect des distances de sécurité de 1,5 m. Un sens de circulation unique devra être prévu dans les bâtiments pour éviter les croisements. Une aération régulière et suffisante des locaux devra par ailleurs être assurée. La possibilité d'organiser des examens de janvier en présentiel avait été réclamée par les établissements supérieurs, notamment pour différentes épreuves pratiques, ou alors pour garantir l'égalité des étudiants. La lutte contre la fraude (forcément plus facile lors d'examens à distance) n'a jamais été citée comme motivation première, mais il est clair que cela a aussi joué... Les étudiants ont normalement été avertis bien à temps des modalités pratiques de leurs différents examens. Les établissements étaient en effet tenus de les communiquer pour le 11 décembre au plus tard. Cette session d'examens de janvier sera la troisième organisée depuis le début de la pandémie, après celle de juin et de septembre dernier. Malgré les difficultés générées par la crise sanitaire, ces deux sessions avaient été marquées par des taux de réussite plus élevés que les années précédentes. L'enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles compte quelque 230.000 étudiants au total. (Belga)