Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a accusé jeudi l'Union européenne de maintenir les restrictions de voyage envers les résidents turcs pour des raisons politiques. La Turquie ne figure pas dans la liste des 14 pays tiers pour lesquels l'Union européenne a recommandé à ses États membres d'entrouvrir leurs frontières extérieures à partir du 1er juillet. M. Cavusoglu a fait valoir que de nombreux pays se trouvant sur cette liste étaient pourtant dans une situation épidémiologique bien pire que la Turquie. "Nous constatons qu'ils ont pris une décision motivée par des raisons politiques", a déclaré le haut diplomate turc, après un entretien à Berlin avec son homologue allemand, Heiko Maas. M. Cavusoglu a également appelé l'Allemagne à "revoir son avertissement de voyage à la lumière de données et de critères objectifs". Ce à quoi M. Maas a rétorqué que l'avertissement de l'Allemagne pour les voyages en Turquie ferait l'objet d'un suivi régulier conformément aux recommandations de l'UE. "Il n'est possible de contrôler la propagation du virus que si nous, Européens, agissons dans la plus grande harmonie possible", a-t-il souligné. Bruxelles a recommandé à ses États membres de lever l'interdiction d'entrée sur leur territoire pour les résidents d'une liste de 14 pays (15 si l'on y ajoute la Chine à qui s'impose une condition de réciprocité) à partir du 1er juillet. Dans le détail, il s'agit de l'Algérie, l'Australie, le Canada, la Géorgie, le Japon, le Monténégro, le Maroc, la Nouvelle-Zélande, le Rwanda, la Serbie, la Corée du Sud, la Thaïlande, la Tunisie et l'Uruguay. Cette liste sera revue tous les 15 jours. (Belga)