L'Observatoire du sida et des sexualités et l'ASBL Ex Æquo ont lancé jeudi en fin de journée au café Le Belgica, situé rue du Marché au Charbon à Bruxelles, le site internet Chemsex.be, en présence d'un représentant de la secrétaire d'Etat bruxelloise Cécile Jodogne, ministre membre de la Commission communautaire française (COCOF) en charge de la Santé. Cet outil vise à réduire les risques liés à la consommation de drogues dans un contexte sexuel chez les hommes ayant des relations avec d'autres hommes.Le vocable "chemsex" (pour chemical-sex) fait référence à l'émergence récente de pratiques associant la prise de nouveaux produits de synthèse (GHB/GBL, kétamine ou 3MMC-4MEC) à l'acte sexuel. Financé par la COCOF, le site vise à informer les usagers et les professionnels du secteur sur l'usage des drogues en lien avec les rapports sexuels entre hommes. Il présente les moyens de réduire les risques en fonction des drogues consommées, les mélanges à éviter, des textes de loi, les lieux et pratiques du chemsex, les moyens de porter plainte en cas d'abus, une bibliographie ou encore une liste des ressources existantes. "On veut que les gens acquièrent de bons réflexes en s'informant et que s'ils ne gèrent plus leur consommation, ils cherchent de l'aide", explique Stephen Barris, coordinateur à Ex Æquo. L'association coordonne un dispositif d'accompagnement pour les usagers du chemsex à Bruxelles. Elle propose notamment un accompagnement par des homosexuels, des entretiens individuels et des groupes de parole collectifs. Elle se pose comme une articulation avec le monde médical et les associations qui s'occupent de toxicomanie. Certains professionnels vont jusqu'à évoquer 'une bombe à retardement de santé publique'. Dans la continuité d'une recherche exploratoire quantitative menée en 2017 2017, l'Observatoire du sida et des sexualités a initié en janvier une étude qualitative par entretiens à Liège et à Bruxelles. Sandrine Detandt, chercheuse à l'Observatoire du sida et des sexualités, a d'ores et déjà rencontré 41 homosexuels pratiquant le chemsex : "Jusqu'ici en Belgique, on avait surtout des messages relativement alarmistes, surtout issus de la Grande-Bretagne ou de la France, qui véhiculaient une forme de 'panique morale' autour du chemsex, perçu comme le nouveau fléau qui touche les gays. On voulait avoir une vision plus subtile de ces pratiques". (Belga)