Le Rapporteur spécial de l'ONU sur la torture a exhorté mardi le Bélarus à cesser de torturer les manifestants détenus lors des protestations contre la réélection controversée du président Alexandre Loukachenko. "Les autorités du Belarus doivent immédiatement mettre fin à toutes les violations des droits humains et lutter contre l'impunité", a demandé Nils Melzer dans un communiqué, co-signé par 3 autres Rapporteurs de l'ONU et les Groupes de travail de l'ONU sur la torture et les détentions arbitraires. Ces experts, dont l'avis n'engage pas l'ONU, ont reçu des rapports concernant 450 cas de torture et mauvais traitements de personnes arrêtées suite à l'élection présidentielle du 9 août. "Nous sommes extrêmement alarmés par les centaines d'allégations de torture et autres mauvais traitements en garde à vue", ont-ils déclaré, demandant que les policiers ayant "battu et humilié" les personnes détenues soient traduits en justice. "L'interdiction de la torture est absolue en vertu du droit international des droits de l'Homme. Elle ne peut être justifiée pour aucune raison", ont-ils ajouté. Les signataires ont également fait part de leur inquiétude concernant des cas de disparitions forcées, se disant alarmés par le fait que le sort d'au moins 6 personnes reste inconnu de leurs proches. "Nous restons également préoccupés par le fait que les cas de disparitions forcées pourraient proliférer si la réponse musclée aux protestations pacifiques se poursuit", ont-ils averti. Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, fait face à un mouvement de contestation inédit depuis l'élection du 9 août, qui l'a donné gagnant avec 80% des suffrages et que l'opposition dénonce comme frauduleuse. "Parmi les quelque 6.700 personnes détenues ces dernières semaines alors qu'elles exerçaient leur droit à la liberté de réunion pacifique, on trouve des journalistes et des passants qui ont été arrêtés arbitrairement et condamnés à la hâte", ont encore déploré les experts de l'ONU. (Belga)