Les objectifs et indicateurs proposés dans le document intitulé "Cadre mondial pour la biodiversité après 2020" négligent la diversité génétique, reprochent des scientifiques de plusieurs universités et instituts de recherche de par le monde, dont l'ULB. Or, cette diversité génétique est l'élément de base de l'évolution et de toute la diversité biologique. En janvier, le secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (CBD) a publié la première version de son "Cadre mondial pour la biodiversité après 2020", qui a pour but de guider les actions des pays en matière de conservation de la biodiversité et d'évaluation de leurs progrès. Des chercheurs, dont ceux du laboratoire de biologie évolutive et d'écologie de la Faculté des Sciences de l'ULB, soulignent toutefois, mercredi, dans un article publié dans la revue Science, que les indicateurs de progrès considèrent surtout les espèces domestiquées, cultivées et sauvages apparentées aux espèces utiles. Pourtant, il est important de maintenir la diversité génétique de toutes les espèces, et non seulement celle des espèces utiles, et de mettre en œuvre des "stratégies afin de stopper l'érosion génétique et préserver le potentiel d'adaptation des populations des espèces sauvages et domestiquées", explique Myriam Heuertz, collaboratrice scientifique de l'ULB. La diversité génétique s'érode dans les espèces apprivoisées et sauvages, surtout depuis la révolution industrielle, soulève encore l'article. Par exemple, les analyses génétiques des chercheurs bruxellois, menées sur des arbres tropicaux d'Afrique, montrent que "certaines espèces ne se reproduisent efficacement que lorsqu'elles ont atteint un diamètre supérieur à 90 centimètres, alors qu'elles sont déjà exploitées à des diamètres inférieurs, ce qui compromet leur régénération naturelle". (Belga)