Le Centre d'action laïque (CAL) appelle à la mobilisation devant les Palais de justice du pays à l'occasion de la Journée mondiale du droit à l'avortement lundi. Les manifestants sont invités à venir habillés en servante écarlate, habit inspiré du roman éponyme à succès de Margaret Atwood qui raconte l'histoire d'un régime patriarcal où les femmes sont réduites à de l'esclavage sexuel.Le choix des Palais de justice pour la mobilisation est "symbolique", souligne le CAL. Il s'agit d'appeler, une fois de plus, à la légalisation complète de l'interruption volontaire de grossesse. Une proposition de loi est examinée par la Chambre depuis un certain temps, étendant à 18 semaines le délai possible pour avoir recours à un avortement, réduisant le délai de réflexion imposé aux femmes à 48 heures ou encore supprimant toutes les sanctions à l'égard des femmes et des médecins. Si la proposition de loi socialiste est soutenue par des députés libéraux, écologistes, DéFI et PTB, elle n'a toutefois jamais été soumise au vote, ses opposants ayant obtenu trois fois un renvoi du texte au Conseil d'État. Le dernier renvoi date du 15 juillet et entretemps, des négociations en vue de former une majorité Vivaldi ont commencé. L'un des partenaires - le CD&V- en fait une question de gouvernement. Un compromis aurait été atteint entre les sept partis négociateurs pour renvoyer la proposition de loi en commission de la Justice et rouvrir les discussions. "C'est intolérable que les droits des femmes soient pris en otage", dénonce Véronique De Keyser, présidente du CAL, dans une vidéo postée sur le site web du Centre. Elle souligne qu'il "reste des failles" dans la loi de 2018, qui a sorti l'acte du code pénal. Elle juge la dépénalisation de l'avortement insuffisante, avec le maintien des sanctions, et plaide pour l'allongement du délai pour pratiquer l'avortement, qui est fixé à 12 semaines pour l'instant. Ce dernier "reste insuffisant pour toucher tous les cas de toutes les femmes", relevant notamment que plus de 400 femmes partent chaque année pratiquer une IVG aux Pays-Bas car elles ont dépassé le délai légal. S'il s'agit d'une faible proportion de tous les avortements pratiqués - environ 3 à 4% -, "c'est trop parce qu'en général, ces femmes sont les plus vulnérables". Le CAL appelle dès lors à se mobiliser lundi. Des manifestations sont prévues devant les Palais de Justice de Liège, Bruxelles, Mons, Arlon, Namur et Charleroi, de 12h00 à 13h30. (Belga)