Le Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE) demande un accompagnement sur mesure pour chaque grossesse afin d'éviter le sous-suivi et le sur-suivi médical, ressort-il d'un de ses rapports publié jeudi. Des consultations de "conseil prénétal personnalisé" (CPP) permettraient ainsi de s'assurer à la fois de ne rien oublier et d'éviter les doubles emplois lors du suivi de la grossesse, de l'accouchement et des premières semaines de vie de l'enfant. Le système belge actuel propose une offre de soins variée en cas de grossesse mais elle peut sembler complexe, estime le KCE. "Les futurs parents se sentent parfois submergés d'informations contradictoires. Ils ne réussissent pas toujours à trouver des réponses à leurs inquiétudes et à leurs questions auprès des professionnels rencontrés", explique le Centre. D'après le KCE, pour une grossesse "à bas risque", sept consultations prénatales sont recommandées, alors que 4% des femmes restent en-dessous de ce seuil et 3% n'ont même aucun contact avec un professionnel de santé pendant les vingt premières semaines de leur grossesse. D'autres femmes enceintes, par contre, se rendent à plus de dix consultations prénatales. Il y a donc à la fois sous- et surconsommation de soins, pointe le Centre. Les experts de ce dernier ont élaboré, en concertation avec les acteurs de terrain et les associations professionnelles, un modèle de parcours de soins adapté aux habitudes en Belgique. "Ce parcours devrait être proposé à toutes les femmes enceintes, quel que soit le niveau de risque de leur grossesse", préconisent-ils, relevant que de tels parcours existent déjà aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en France ou en Suède. Ce parcours engagerait, en fonction des besoins, différents professionnels de santé: gynécologue, sage-femme, médecin généraliste, kinésithérapeute, psychologue et travailleurs sociaux avec, au centre, un coordinateur désigné qui veillerait à ce qu'aucune étape ne soit oubliée. Il serait aussi la personne référente pour répondre aux interrogations des parents. Le KCE précise qu'une première CPP pourrait intervenir en début de grossesse pour définir l'accompagnement et une deuxième pourrait alors se tenir au cours du troisième trimestre pour finaliser les derniers détails concernant l'accouchement et les premiers jours après la naissance du bébé. (Belga)