Le certificat digital européen de vaccination, que la Commission européenne s'apprête à proposer pour faciliter la libre circulation transfrontières affectée par la pandémie de coronavirus, ne devra entraîner "aucune discrimination", a affirmé mardi le commissaire à la Justice, Didier Reynders."Ce que nous voudrions, c'est un instrument législatif contraignant pour tous les États membres, pour que les mêmes données soient collectées sur tous les certificats émis à travers l'UE", a commenté M. Reynders en marge d'une conférence de presse. Pour éviter le risque de discrimination, la proposition, que les services de M. Reynders élaborent avec ceux de la commissaire à la Santé Stella Kyriakides et du commissaire au Marché intérieur Thierry Breton, reprendra, en plus des personnes vaccinées, les données des personnes qui ont été infectées, se sont remises de la maladie et ont dès lors des anticorps, mais aussi celles des personnes qui ont passé des tests PCR, vu que le vaccin n'est pas obligatoire et que des personnes ne pourront pas être vaccinées rapidement, a rappelé le commissaire belge. A ses yeux, le "digital green pass" n'est donc pas un passeport, mais un certificat indiquant la situation de la personne par rapport à la maladie. Contrairement à plusieurs pays fort dépendants du tourisme saisonnier, comme les pays méditerranéens - au premier rang desquels la Grèce qui pousse ce projet - ou encore l'Autriche, des pays comme la Belgique sont méfiants envers ce "pass", s'il est lié à la libre circulation. Pour la Belgique, "il n'est pas question de lier la vaccination à la liberté de se déplacer en Europe. Le respect du principe de non-discrimination est d'autant plus fondamental que la vaccination n'est pas obligatoire et que l'accès au vaccin n'est pas encore généralisé", avait tweeté lundi la ministre belge des Affaires européennes, Sophie Wilmès. La Belgique est par ailleurs l'un des six États membres de l'UE épinglés par la Commission pour son interdiction de voyages non essentiels, jugée disproportionnée. Mardi dernier, l'exécutif européen avait donné à ces pays dix jours ouvrables pour répondre. En Belgique, un comité de concertation reviendra sur la question avant cette échéance, ce vendredi. (Belga)