Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a exhorté mercredi la Birmanie "à s'attaquer aux causes profondes du conflit" avec la minorité musulmane des Rohingyas "et créer les conditions d'un retour sûr, volontaire, digne et durable de tous les réfugiés". Cette responsabilité revient aux autorités birmanes, a-t-il insisté dans un communiqué marquant le troisième anniversaire du début du plus grand déplacement forcé de Rohingyas et d'autres communautés de l'Etat Rakhine, dans l'ouest de la Birmanie. En 2017, quelque 750.000 Rohingyas avaient fui une répression militaire birmane, qualifiée de "génocide" par l'ONU, pour se réfugier au Bangladesh. Ils sont venus grossir dans des camps de fortune les rangs de quelque 200.000 Rohingyas déjà abrités au Bangladesh, legs de précédentes vagues de violence. "Au-delà des solutions aux souffrances humanitaires immédiates, la mise en cause des responsables est un impératif pour une réconciliation à long terme", a ajouté Antonio Guterres. Les conflits ethniques et religieux sont légion dans l'État Rakhine depuis longtemps. Les Rohingyas y sont étroitement contrôlés, ne bénéficiant que d'accès limités aux services de santé, à l'éducation et au logement. Le Bangladesh a signé un accord avec la Birmanie pour le retour des réfugiés. Mais les Rohingyas refusent de rentrer sans garanties pour leurs droits et l'assurance d'être considérés comme des citoyens birmans à part entière. (Belga)