Le président du Parlement et chef du mouvement chiite Amal, Nabih Berri, a appelé lundi à "changer le système confessionnel" qui régit la vie politique au Liban, "source de tous les maux" selon lui. M. Berri, qui préside le Parlement depuis 1992, emboîte ainsi le pas au président Michel Aoun et au chef du puissant Hezbollah pro-iranien Hassan Nasrallah, qui se sont prononcés dimanche pour une réforme en profondeur du système, suggérée par le président français Emmanuel Macron, attendu lundi soir à Beyrouth. Dimanche, le président Aoun, 85 ans, sourd jusque-là aux appels de la rue, a reconnu dans un discours à l'occasion du centenaire du Liban, célébré mardi, la nécessité de changer le système politique. De plus en plus conspué depuis la catastrophe du 4 août, il a même appelé à proclamer un "Etat laïc". Quelques heures plus tôt, le chef du puissant Hezbollah, Hassan Nasrallah, s'était dit prêt à discuter d'un nouveau "pacte politique", évoqué le 6 août par le président français. Mais certains estiment qu'il s'agit d'annonces de pure forme à l'occasion de la visite de M. Macron. "Quand la classe politique parle d'un Etat laïc, ça me fait penser au diable qui prône la vertu, cela n'a pas de sens", affirme Hilal Khashan, professeur de Sciences politiques à l'Université américaine de Beyrouth. La nomination d'un nouveau Premier ministre, l'ambassadeur en Allemagne Moustapha Adib, "ne va pas inaugurer une nouvelle ère dans l'histoire du Liban et je ne crois pas qu'elle va placer le Liban sur la route d'un véritable développement politique", poursuit-il. M. Adib, un universitaire de 48 ans relativement inconnu, a été désigné par la majorité des députés au terme de consultations parlementaires tenues au palais présidentiel. Il s'est engagé à appliquer les réformes réclamées par la communauté internationale et à conclure un accord avec le Fonds monétaire international. (Belga)