Un communiqué envoyé à plusieurs médias lors de cette Journée internationale de lutte contre la violence faite aux femmes appelle mercredi au démantèlement du groupe Facebook Louvain-le-mec, qui compterait plus de 11.000 membres. Cette page se veut une réponse humoristique au groupe Louvain-la-meuf, réservé aux filles et dont l'objectif est d'entretenir la solidarité et l'entraide féminine à Louvain-la-Neuve. Les autorités de l'UCLouvain estiment que certains contenus de Louvain-le-mec incompatibles avec les valeurs de l'université et les condamnent fermement. Les administrateurs de la page identifiés comme étudiants de l'UCLouvain ont été convoqués.Alors que Louvain-la-meuf est un groupe construit pour garantir un espace sécurisé réunissant les femmes de Louvain-la-Neuve avec une non-mixité choisie comme un outil politique, Louvain-le-mec se veut une réponse sarcastique à la démarche. "Sous couvert d'humour, des propos sexistes, oppressifs, homophobes, fascisants se sont multipliés. La femme est réduite au rang de lave-vaisselle, les hommes homosexuels sont rabaissés, les actions militantes de lutte contre le sexisme sont moquées, le droit à l'avortement y est vivement attaqué, des drapeaux du Vlaams Belang exhibés. Notons que ce genre de groupe a de grandes similarités avec d'autres boysclubs qui ont été récemment dévoilés", dénonce le communiqué qui appèle au démantèlement de cette page Facebook. Du côté de l'UCLouvain, on confirme que les administrateurs de la page Louvain-le-mec qui ont pu être identifiés comme étudiants de l'université ont été convoqués par le vice-recteur aux affaires étudiantes, Philippe Hiligsmann. L'UCLouvain rappelle qu'elle n'a pas vraiment de prise sur l'existence d'un groupe constitué sur Facebook et dont le nom n'utilise pas celui de l'université. Par contre, l'incompatibilité de certains contenus de la page Louvain-le-mec avec les valeurs de l'UCLouvain sont soulignées. "La page se veut satirique mais on ne peut pas admettre certains propos sexistes, homophobes, transphobes... Toute la gamme des violences verbales est présente sur cette page et nous le dénonçons fermement. Des étudiants ont été convoqués pour leur signaliser le caractère inadmissible des propos tenus. Ces contenus sont en porte-à-faux avec l'article 34 de notre Règlement des études et des examens, qui concerne les valeurs de l'Université. Des sanctions disciplinaires peuvent s'appliquer: elles vont de l'avertissement jusqu'au renvoi définitif. Leur mise en œuvre est de la compétence du vice-recteur aux affaires étudiantes et c'est lui qui évalue la situation", indique mercredi soir la conseillère du recteur à la politique de genre, Tania Van Hemelryck. (Belga)