Le cyclone Amphan, le plus puissant depuis le début du siècle dans le golfe du Bengale, a touché terre mercredi dans l'est de l'Inde, provoquant des pluies torrentielles et rafales jusqu'à 190 km/h sur une région où trois millions de personnes ont été évacuées. Amphan (se prononce "um-pun") a atterri vers 18H00 locales (14H30 HB) à une centaine de kilomètres au sud de la grande ville indienne de Calcutta et devrait ensuite se déplacer vers le Bangladesh. Les météorologues redoutent une potentielle onde de tempête (raz-de-marée) qui pourrait aller jusqu'à cinq mètres de haut. Au moins huit décès ont été enregistrés à ce stade au Bangladesh et en Inde. Dans les villages côtiers d'Inde, la violence d'Amphan donne déjà à voir des scènes de dévastation. Des centaines de maisons de terre ont été mises à bas, leur toit arraché: "on dirait qu'un bulldozer leur est passé dessus. Tout est détruit", a témoigné Babul Mondal, un habitant de Jharkhali dans la région des Sundarbans, au sud de Calcutta. Près de la station balnéaire indienne de Digha, des bateaux ont été projetés sur la plage, a rapporté le propriétaire d'un hôtel local. Délaissant leur foyer, leurs biens et parfois leur bétail, les évacués s'entassent par centaines dans des abris, inquiets tout autant du cyclone que des risques d'être contaminés par le nouveau coronavirus dans ces espaces clos. Des confinements nationaux sont en place en Inde et au Bangladesh depuis fin mars. Apparu ce week-end en mer, Amphan avait atteint lundi la catégorie 4 sur 5 sur l'échelle de Saffir-Simpson, avec des vents entre 200 et 240 km/h. Il s'agit du cyclone le plus puissant à naître dans le golfe du Bengale depuis 1999, date à laquelle un cyclone avait tué 10.000 personnes dans l'Odisha. (Belga)