La Commission européenne a officiellement lancé mercredi le débat sur les euro-obligations en publiant un Livre vert, malgré l'opposition farouche de l'Allemagne. Ces émissions communes de dette "ne résoudront pas nos problèmes immédiats", mais seront un gage de sérieux des Européens en direction des marchés financiers, a affirmé le président de la Commission, José Manuel Barroso. Le document expose trois options qui permettraient aux pays de la zone euro de mettre en commun tout ou partie de leur dette, sous l'appellation d'"obligations de stabilité".

A côté d'une option maximaliste, la Commission évoque la possibilité de ne mettre en commun qu'une partie des dettes nationales, par exemple sous le seuil de 60% du PIB, en laissant aux États la responsabilité de lever les capitaux pour leurs besoins additionnels. Elle propose aussi une option minimale, consistant en des émissions communes garanties individuellement par les États membres selon une formule à déterminer.

Le Livre vert lancera officiellement un débat qui oppose en fait déjà depuis longtemps partisans et détracteurs d'une dette commune. L'Allemagne y est farouchement opposée, non seulement parce que les euro-obligations risquent d'élever ses coûts de financement, mais aussi parce qu'elle redoute le laxisme budgétaire des autres pays. Mais d'autres États, comme la Belgique, ainsi que la Commission y voient un élément important de résolution de la crise de la dette.

Les discussions risquent donc d'être longues et difficiles, d'autant plus qu'une modification du traité européen pourrait s'avérer nécessaire. (JAV)