Le dissident cubain Guillermo Fariñas a été libéré jeudi après deux jours de détention, mais avec l'interdiction de voyager à Bruxelles où il devait participer à une rencontre au Parlement sur les droits de l'homme, a-t-il indiqué. L'opposant de 58 ans, prix Sakharov de la liberté de l'esprit du Parlement européen 2010, a été remis en liberté jeudi soir "sans inculpation", mais notifié qu'il n'a pas le droit de quitter la ville de Santa Clara (centre), où il réside, jusqu'au 20 février "sous menace d'être arrêté", a-t-il déclaré vendredi par téléphone. "La raison principale de mon arrestation était d'empêcher que je puisse voyager en Europe", a expliqué le dirigeant du Forum antitotalitaire uni (Fantu), une organisation dissidente. Son invitation à participer à une réunion du sous-comité des droits de l'homme du Parlement européen a été confirmée jeudi par la présidente ce ce comité, Maria Arena. La porte-parole de la diplomatie européenne, Virginie Battu, a précisé que Fariñas devait également rencontrer des représentants du Service européen d'action extérieure. La police politique cubaine "estime que je profite de ces voyages pour détériorer les relations entre Cuba et l'Union européenne", et "qu'elle n'allait pas permettre que je continue à saboter" ces relations, a déclaré Fariñas. Le dissident avait été arrêté mardi à Santa Clara, ville située à près de 300 kilomètres à l'est de La Havane, alors qu'il cherchait à se rendre à la capitale pour "aller chercher le visa Schengen à l'ambassade d'Espagne". Il dit avoir reçu "un bon traitement" lors de sa détention, ainsi que la visite de sa mère. Il a également exprimé sa reconnaissance envers le Parlement européen pour sa "solidarité rapide et efficace", son président David Sassoli ayant exigé dès jeudi la "libération immédiate" de l'opposant. (Belga)