Le Parti populaire européen (PPE) n'a pas exclu lundi le parti nationaliste-conservateur Fidesz du Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui reste donc suspendu des instances de la première famille politique du Parlement européen, jusqu'à nouvel ordre. "Le PPE vient de décider de prolonger la suspension du Fidesz. Le futur de notre relation dépendra entièrement des évolutions en Hongrie. On ne peut pas accepter de compromis sur les valeurs de l'Europe et du PPE", a indiqué sur Twitter Siegfried Muresan, vice-président du PPE, à l'issue d'une réunion de la formation à Bruxelles. Aucune majorité n'a pu être trouvée pour expulser le parti au pouvoir à Budapest. Pourtant, le président du PPE, Donald Tusk, ne forme que peu d'espoir de voir des améliorations notables en Hongrie, selon des sources internes. L'appartenance du Fidesz au PPE avait été suspendue en mars 2019, à la demande d'une douzaine de partis - dont les Belges du CD&V, du cdH et du CSP - en raison notamment d'atteintes aux valeurs fondamentales de l'UE et de plusieurs attaques contre le président de la Commission européenne de l'époque, Jean-Claude Juncker (PPE). Le Fidesz compte 12 députés dans l'hémicycle strasbourgeois. La Hongrie fait l'objet d'une procédure dite "article 7" déclenchée par le Parlement européen en 2018 pour préserver l'État de droit, menacé par les attaques répétées du gouvernement Orban contre la presse, les universités, les minorités, les migrants, mais aussi en matière de corruption et d'indépendance de la justice. Le PPE avait nommé trois représentants des partis pour examiner les progrès éventuels, dont le Belge Herman Van Rompuy. Mais début janvier, le leader hongrois avait menacé de lancer une nouvelle initiative politique à l'échelle européenne si le PPE n'évoluait pas dans sa direction, ce dont il disait lui-même douter. D'aucuns attendent dès lors qu'il parte de son propre chef. Donald Tusk pourrait l'y aider: lundi à Bruxelles, il a appelé à une nouvelle vision politique pour le PPE, sans toutefois redéfinir les valeurs fondamentales de la formation. L'ancien président du Conseil européen a proposé la tenue d'une conférence au cours du premier semestre 2021. (Belga)