Le gouvernement belge suit de près l'évolution de la situation au Nord de la Syrie où il y a un risque, qu'en raison de l'opération militaire menée par la Turquie, des combattants belges s'échappent des camps où ils sont détenus, a affirmé mercredi le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V). Le ministre réagissait ainsi à des propos tenus mardi soir par le directeur de l'OCAM, Paul Van Tigchelt. Interrogé par la VRT au cours de l'émission Ter Zake, celui-ci avait qualifié de "pas impossible" que certains combattants belges partis en Syrie et détenus dans des camps kurdes profitent de l'opération turque pour prendre la fuite". Il avait toutefois également indiqué qu'il était désormais plus difficile qu'auparavant, pour ceux-ci, de se rendre en Europe en raison des mesures anti-terroristes prises entretemps. M. van Tigchelt n'avait pas non plus caché que l'avantage de pouvoir poursuivre, juger et emprisonner ces personnes en Belgique résidait dans leur maintien sous contrôle. C'est moins sûr sur ce plan, s'ils sont jugés en Irak, avait-il ajouté en substance. "Le directeur de l'OCAM ne s'est pas exprimé contre un jugement en Irak, une piste qui est toujours examinée en Belgique, dans un cadre européen, avec respect pour les droits de l'homme", a réagi mercredi le ministre de la Justice. Aux yeux de Koen Geens, M. Van Tigchelt a par contre bien insisté sur le fait que le changement de situation pouvait aussi avoir un impact sur celle des combattants en Syrie. "Il n'est pas inimaginable que des combattants en Syrie puissent s'échapper de camps où ils sont détenus et tenter de revenir en Belgique en l'absence de contrôle. C'est sur ce danger que nos services de sécurité insistent. Le gouvernement suit l'évolution de la situation de près. Il prendra ses responsabilités et décidera de ce qui est le mieux pour la sécurité des citoyens", a ajouté le cabinet du ministre de la Justice. (Belga)