Le Premier ministre japonais a annoncé vendredi que le gouvernement allait se préparer à une extension d'environ un mois de l'état d'urgence déclaré face à la pandémie de coronavirus et qui devait prendre fin le 6 mai. "Après avoir pris connaissance du rapport rendu par notre groupe d'experts, j'ai demandé au ministre (Yasutoshi) Nishimura (chargé de la gestion de la pandémie, NDLR) d'envisager l'allongement sur une période d'un mois de l'état d'urgence comme base de réflexion des possibilités envisagées pour répondre aux besoins des régions", a déclaré M. Abe. Le groupe d'experts nommé par le gouvernement fait le point sur la situation dans différentes parties du pays et "nous écouterons leur opinion et espérons prendre une décision le 4 mai". Si le Japon a pu jusqu'ici éviter la très forte hausse du nombre d'infections observée ailleurs dans le monde, la vigilance reste essentielle, a rappelé le Premier ministre pour qui "l'avis des experts est que nous aurons encore besoin de la coopération des Japonais dans un avenir proche". Jusqu'ici nettement moins touché que l'Europe de l'Ouest ou les Etats-Unis, avec 14.300 cas et 432 décès enregistrés depuis le début de l'épidémie, le Japon a déclaré l'état d'urgence début avril afin d'éviter qu'une explosion des infections ne vienne rapidement submerger le système de santé. Néanmoins, le dispositif ne permet pas au gouvernement d'interdire les déplacements, il offre uniquement aux gouverneurs la possibilité de demander aux habitants de rester chez eux et d'inciter les entreprises à rester fermées, il ne prévoit également aucune sanction envers ceux qui refuseraient de s'y soumettre. Les associations de médecins ont averti que certains hôpitaux étaient sous tension, les autorités d'Osaka (ouest) appelant même la population à donner des vêtements de pluies pour compenser le manque d'équipements de protections à la disposition des équipes médicales. (Belga)