Le ministre allemand des Finances Olaf Scholz, qui aspire à devenir chancelier, a été soumis mercredi à un flot de questions embarrassantes sur deux énormes scandales financiers qui ont récemment secoué son pays et risquent d'assombrir son bilan. Celui qui ambitionne au nom du parti social-démocrate (SPD) de succéder au pouvoir fin 2021 à la conservatrice Angela Merkel a dû s'expliquer dans l'après-midi devant les députés allemands pendant plusieurs heures. En cause notamment: la société de paiement en ligne Wirecard, ex-coqueluche de la Bourse de Francfort avant qu'elle ne s'effondre comme un château de cartes en juin après la révélation d'un trou de deux milliards d'euros dans ses comptes. Mais il a aussi dû répondre devant la commission des finances du Bundestag d'un autre scandale retentissant, celui d'une évasion fiscale orchestrée par des investisseurs, dite Cum-ex, qui aurait coûté 5,5 milliards d'euros aux caisses de l'Etat selon les estimations officielles. Le ministre a dû en particulier s'expliquer sur l'abandon d'une créance d'un million d'euros au profit d'une banque de Hambourg impliquée dans le scandale, la Warburg Bank, alors qu'il était maire de la ville, ainsi que sur ses liens avec le patron de cette institution, Christian Olearius. "Il ne doit pas y avoir d'intervention politique et il n'y en a pas eu à Hambourg non plus", a soutenu M. Scholz, 62 ans, devant les élus, avant de se déclarer persuadé que les différentes procédures au pénal en cours permettront de "récupérer les milliards" dont les contribuables allemands ont été privés. Selon l'agence allemande dpa, il aurait par ailleurs reconnu devant la commission des finances une deuxième rencontre en 2016 avec M. Olearius, tout en soulignant se baser sur son agenda de l'époque et ne pas se souvenir du contenu de l'entretien. (Belga)