Le ministre wallon de l'Economie Willy Borsus a vivement réagi, jeudi, au plan SmartMove du gouvernement bruxellois qui prévoit, entre autres, la mise en place d'une taxe kilométrique intelligente en 2022. Au contraire de la ministre flamande de la Mobilité Lydia Peeters, qui a dit prendre acte tout en mettant en garde les autorités bruxelloises contre des actions unilatérales."Je trouve qu'il est choquant, pour ne pas dire scandaleux, de proposer en pleine crise un nouveau système fiscal qui impacte très lourdement les ménages wallons, et particulièrement les 130.000 Wallonnes et Wallons qui se rendent quotidiennement à Bruxelles. Je n'ai pas l'intention de laisser passer ce projet qui est d'abord un nouveau prélèvement fiscal", a affirmé M. Borsus (MR) dans un communiqué. "Alors que nous nous battons tous les jours, particulièrement depuis mars dernier, pour mettre en place des mesures de soutien et préserver le pouvoir d'achat des Belges, Bruxelles se désolidarise aujourd'hui totalement et propose de charger encore davantage la barque de la crise économique", a poursuivi le ministre en pointant par ailleurs l'absence "d'alternatives sérieuses opérationnelles". En outre, "cette décision ne respecte pas le processus réglementaire puisque toute action d'une Région dont la mise en œuvre est susceptible de causer un dommage à une autre Région doit passer par un accord de coopération interrégional et par conséquent par une vraie concertation entre les Régions, et pas par un simulacre de concertation", a-t-il ajouté. En se mettant d'accord jeudi sur une proposition de modèle de taxation automobile, le gouvernement bruxellois a pris soin de prévenir qu'il la soumettait à une large concertation, y compris avec les autres Régions. La ministre flamande de la Mobilité, Lydia Peeters, a donc dit "prendre acte" de la décision bruxelloise. "Depuis le début, j'ai insisté sur la concertation entre les Régions. Elle doit être mise en oeuvre, maintenant que les projets sont clairs", a commenté la ministre Open Vld. Elle assure qu'elle "défendra toujours les intérêts des navetteurs flamands" et répète qu'elle combattra les projets bruxellois s'ils sont instaurés de manière unilatérale. "Introduire une taxe unilatérale au détriment d'une autre Région est à mes yeux inacceptable et je m'y opposerai", a-t-elle commenté. (Belga)