Le Parlement européen se prononcera jeudi sur une demande à la Commission de s'atteler au niveau européen à un "droit à la déconnexion" des travailleurs. Les eurodéputés sont favorables à une proposition législative qui réaffirmerait le droit à être laissé en paix en-dehors de ses heures de travail, donc à ne pas devoir répondre à des sollicitations par mails, téléphone ou autre si l'on a bouclé sa journée ou si l'on est en congé.Comme l'ont souligné plusieurs députés, ainsi que le commissaire à l'Emploi et aux droits sociaux Nicolas Schmit, la question est d'autant plus d'actualité que le télétravail généralisé en ces temps de pandémie tend à rendre bien plus floues les frontières entre boulot et vie privée. En Belgique, une loi propose depuis 2018 aux employeurs de se concerter avec les travailleurs au sein des CPPT (Comités pour la prévention et la protection au travail), pour la mise en place de la déconnexion et pour encadrer l'usage des outils digitaux. Ce que les eurodéputés proposent va plus loin, du moins ceux qui soutiennent le texte, et qui estiment que cela devrait aussi concerner les livreurs comme ceux de Deliveroo et Uber Eats. "La pression de la disponibilité permanente amène de la souffrance mentale et physique", a expliqué au Parlement européen l'élue Groen Sara Matthieu (Groen). Des enquêtes montrent que les employés ressentent de plus en plus de pression à être joignables en tout temps, souligne-t-elle. L'eurodéputée indique qu'il n'y a pas de consensus entre groupes politiques sur tous les aspects du texte mis au vote, et qu'un amendement risque d'en diluer les intentions premières. Celui-ci serait encouragé par le travail de lobby de Business Europe, coupole des employeurs privés, selon elle. (Belga)