Le patient type actuellement admis à l'hôpital en raison du Covid-19 est plus jeune de 11 ans par rapport au mois de décembre, a indiqué vendredi le porte-parole interfédéral Covid-19 Yves Van Laethem lors de la conférence de presse du Centre de crise et de l'Institut de santé publique Sciensano.Les données relatives au profil des patients hospitalisés sont encore provisoires en ce qui concerne le mois de mars, mais il est déjà possible de dégager un certain nombre de tendances sur la base de janvier et février, a déclaré l'épidémiologiste. Les experts ont constaté que le patient type admis à l'hôpital a rajeuni de 11 ans en trois mois. "L'âge médian des patients, qui était de 77 ans à la fin de l'année 2020, est maintenant de 66 ans au mois de mars. Cela signifie donc que la moitié des patients ont moins de 66 ans", a précisé M. Van Laethem. Ce rajeunissement est en partie dû à la vaccination des résidents de maisons de repos, mais il est possible que le variant anglais, potentiellement plus agressif envers les personnes plus jeunes, soit également en cause. "Mais cela reste à confirmer", selon le porte-parole. Les patients étant généralement plus jeunes, le pourcentage de patients souffrant de pathologies sous-jacentes telles que l'hypertension (36% en mars), les maladies cardiovasculaires (26%) et le diabète (19%) a diminué. "Par contre, le pourcentage de patients souffrant d'obésité a augmenté et atteint désormais 15%", a pointé l'épidémiologiste. Il y a en outre lieu de noter que les patients hospitalisés en raison du Covid-19 sont proportionnellement plus nombreux à être admis dans les unités de soins intensifs, soit plus d'un quart (26%). Cela peut s'expliquer par le fait que les patients hospitalisés sont en moyenne plus jeunes et porteurs de moins de comorbidités. Ce groupe se retrouve plus souvent en soins intensifs que les patients plus âgés, dont la faible condition physique ne permet pas toujours d'être hospitalisés dans ce service, a déclaré M. Van Laethem. Par ailleurs, la potentielle plus grande virulence du variant anglais chez des gens plus jeunes pourrait également expliquer ces admissions. Malgré cette hausse du nombre de patients admis dans les unités de soins intensifs, le pourcentage de patients qui décèdent à l'hôpital des suites du coronavirus a diminué depuis la deuxième vague. Alors qu'en décembre, ce pourcentage était encore de 21%, il est descendu à 16% en février et à 14% en mars, bien que ce dernier chiffre soit encore susceptible de changer. Là encore, l'explication réside probablement dans le fait que le patient type est à présent plus jeune. Selon M. Van Laethem, les progrès en matière de prise en charge des patients atteints par le coronavirus sont une autre raison. (Belga)