Le Premier ministre tchèque, Andrej Babis, a remis en cause jeudi le soutien de son pays à un pacte des Nations Unies sur les migrations qui doit être adopté en décembre, après des refus des États-Unis, de la Hongrie et de l'Autriche."Je n'aime pas le pacte. Il n'est pas clairement interprété et on pourrait en abuser", a déclaré au Parlement M. Babis, dont le cabinet de centre-gauche doit débattre de la question la semaine prochaine. "Les Etats-Unis se sont retirés, la Hongrie aussi, maintenant l'Autriche, et la Pologne en discute également", a-t-il ajouté. En juillet, après 18 mois de négociations, les pays membres de l'ONU, à l'exception des Etats-Unis, ont approuvé ce pacte, qui préconise notamment de renforcer la coopération internationale pour gérer l'immigration. Il doit être entériné lors d'un sommet à Marrakech les 10 et 11 décembre. Washington s'était retiré fin 2017 de l'élaboration du document en affirmant qu'il comprenait des dispositions contraires à la politique d'immigration de Donald Trump. Le gouvernement hongrois de Viktor Orban avait de son côté dénoncé un pacte jugé "dangereux", affirmant qu'il "incitera des millions de personnes à prendre la route". Mercredi, le gouvernement autrichien a également annoncé son retrait du pacte. La Pologne est également réticente. M. Babis, un milliardaire slovaque, a adopté une position anti-migration stricte, refusant d'accueillir un seul réfugié malgré les demandes des partenaires européens. (Belga)