La pandémie de nouveau coronavirus pourrait coûter au total un million d'emplois au Royaume-Uni cette année, les coupes les plus sévères étant attendues sur le trimestre en cours, prévient lundi une étude d'un centre de recherche. Le chiffre des pertes d'emplois pourrait atteindre 450.000 entre juillet et septembre, soit bien plus que pendant le pire trimestre ayant suivi la crise financière de 2008 (300.000), selon l'Institute for Employment Studies (IES), qui prévient que 200.000 postes de plus pourraient suivre au quatrième trimestre. L'IES précise qu'il s'agit de son scénario central, et que, dans le pire des cas, les suppressions d'emplois pourraient s'élever à 690.000 au troisième trimestre. Selon les chiffres du gouvernement, le pays a déjà subi 240.000 licenciements au cours des six premiers mois de l'année, ce qui a de quoi porter le total pour 2020 à plus d'un million. "Les licenciements cet automne vont presque certainement excéder tout ce que nous avons connu depuis au moins une génération", explique l'IES. "Malheureusement, beaucoup de ces restructurations semblent désormais inévitables et reflètent à la fois des changements structurels (...) et les dégâts déjà faits sur les entreprises les plus affectées par la crise", ajoute le centre de recherche. Pas une semaine ne passe sans son lot de suppressions d'emplois, surtout dans le transport aérien, le commerce et la restauration, qui sont les secteurs touchés de plein fouet par la crise sanitaire. Dernier en date, London City Airport, aéroport de l'est de Londres, surtout fréquenté par une clientèle d'affaires, a annoncé lundi une réduction d'effectifs de 35%, soit 239 emplois. Toutefois pour l'IES, "il est possible d'éviter que ce niveau de licenciements conduise à un chômage de masse". L'Institut demande ainsi au gouvernement de baisser le coût du travail pour les entreprises et de poursuivre les aides pour certains secteurs. Les appels se multiplient dans le pays, de la part des mouvements patronaux, des syndicats, de l'opposition travailliste et même de la commission du Trésor du Parlement britannique pour que le ministre des Finances Rishi Sunak n'arrête pas brutalement fin octobre le dispositif de chômage partiel, comme prévu. (Belga)