Le Rwanda a réprimandé l'ambassadeur belge dans le pays, car Bruxelles se serait trop immiscé dans le sort de Paul Rusesabagina, ex-directeur de l'hôtel des Mille Collines à Kigali, célèbre pour avoir sauvé plus de 1.000 personnes du génocide rwandais, rapportent vendredi les quotidiens De Standaard et Het Nieuwsblad. M. Rusesabagina fait désormais l'objet d'un procès au Rwanda pour neuf chefs d'accusation, dont celui de terrorisme.Le 10 mars, une rencontre a eu lieu entre le ministre des Affaires étrangères rwandais, Vincent Biruta, et l'ambassadeur ­belge, Benoît Ryelandt, à Kigali. Le procès de M. ­Rusesabagina a été abordé lors de l'entrevue, menant à un échange de mots. M. Biruta a déclaré que le comportement de la Belgique "déterminerait la qualité" des futures relations bilatérales. Le ministre a ajouté que si la Belgique continuait à prendre à cœur les préoccupations de la famille de M. Rusesabagina, cela affecterait la bonne entente entre les deux pays. En termes diplomatiques, cela s'apparente à une réprimande sévère. La réaction rwandaise amère est survenue entre autres après que l'ambassadeur ­Ryelandt ait mentionné l'inquiétude des proches de M. Rusesabagina au sujet d'une éventuelle tentative d'assassinat. La famille a relayé l'information au Premier ministre belge, Alexander De Croo (Open Vld), qui a répondu que si ces éléments étaient avérés, ils seraient en effet "très inquiétants". M. Ryelandt a eu pour mission d'évoquer ces informations dans sa communication avec M. Biruta, mais le gouvernement rwandais n'y tenait vraisemblablement pas. (Belga)