Le Sénat américain a débuté jeudi l'examen du gigantesque plan de relance voulu par Joe Biden avec la lecture exhaustive des plus de 600 pages du texte sur la demande des républicains opposés au projet de loi, qui devrait être adopté dans les prochains jours grâce aux voix démocrates.La vice-présidente américaine Kamala Harris a dû intervenir, comme l'y autorise la Constitution, pour départager le vote autorisant l'ouverture des débats, car les 50 sénateurs démocrates avaient voté en sa faveur, et les 50 républicains contre. Un avant-goût des votes serrés à venir au cours du marathon attendu dans l'hémicycle d'ici lundi. "Le plan de sauvetage américain, 2021. (...) Chapitre 1; Commission sur l'agriculture, la nutrition et les forêts", a commencé à lire la greffière, à la demande du sénateur républicain Ron Johnson. La lecture des 628 pages devrait prendre environ 10 heures. La chambre haute aura ensuite 20 heures pour débattre du texte. Puis les sénateurs entameront un nouveau marathon, surnommé "vote-a-rama", lorsqu'ils pourront proposer des amendements et exiger un vote sur chacun. "Peu importe le temps que cela prendra, le Sénat restera en séance pour aller jusqu'au bout de ce projet de loi cette semaine", a affirmé le chef de la majorité démocrate Chuck Schumer, convaincu d'avoir assez de voix pour approuver le texte. La Chambre des représentants avait approuvé samedi à l'aube, grâce aux seules voix des démocrates, le plan de relance de 1.900 milliards de dollars voulu par Joe Biden pour soutenir la première économie mondiale, frappée par la pandémie. Le texte débattu au Sénat n'inclut plus la hausse du salaire minimum et réduit notamment le nombre d'Américains susceptibles de recevoir un chèque de 1.400 dollars. Les services du budget du Congrès (CBO) n'avaient pas encore publié leur estimation du coût de ce texte remanié jeudi après-midi. La présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi apparaît certaine que son groupe parlementaire approuvera ensuite définitivement le plan de relance. "Nous l'examinerons puis nous l'enverrons au président", a-t-elle déclaré jeudi. Les républicains jugent ces mesures trop coûteuses et pas assez ciblées. "La vaste majorité de tout cela n'a rien à voir avec le Covid", a accusé Ron Johnson jeudi, en justifiant sa demande de lire tout le texte. "Je suis désolé pour les greffiers mais c'est important", a-t-il ajouté, soulignant que les sénateurs n'avaient pas encore pris connaissance du texte. (Belga)