La Chine se rapprochait dimanche de l'adoption d'une loi controversée sur la sécurité nationale à Hong Kong, les législateurs nationaux étudiant une nouvelle fois ce texte accusé de vouloir museler l'opposition dans le territoire autonome. Une cinquantaine de personnes ont par ailleurs été arrêtées lors d'une marche silencieuse dimanche dans les rues de l'ancienne colonie britannique. Pékin et l'exécutif hongkongais assurent qu'une telle législation est nécessaire pour ramener la stabilité dans l'ex-colonie britannique, rendue à la Chine en 1997 et secouée l'an passé par des manifestations monstres contre le pouvoir central. Pour les détracteurs de la loi, dont l'opposition pro-démocratie de Hong Kong, les Etats-Unis, les pays du G7 et l'Union européenne (UE), le texte risque de mettre à mal l'autonomie et les libertés du territoire. Le projet de loi est soumis depuis dimanche aux législateurs du comité permanent du parlement national, qui l'avaient déjà étudié une première fois courant juin, a indiqué l'agence officielle Chine nouvelle. La présente réunion des membres de cette instance soumise au Parti communiste chinois (PCC) durera trois jours. Un vote est a priori attendu lundi ou mardi. Aucun nouveau détail n'a été donné sur le contenu du texte. La loi vise le séparatisme, le terrorisme, la subversion ainsi que la collusion avec l'étranger, et un "organe de sécurité nationale" relevant du gouvernement central devrait être institué à Hong Kong, avait indiqué Chine nouvelle en juin. Depuis sa rétrocession, le territoire jouit d'une large autonomie par rapport à la Chine continentale. Les Hongkongais bénéficient par exemple de la liberté d'expression et d'une justice indépendante. L'article 23 de la "Loi fondamentale", qui sert depuis 1997 de mini-constitution à Hong Kong, prévoit que la région se dote d'une loi interdisant "la trahison, la sécession, la sédition (et) la subversion". Le Conseil législatif (LegCo, le parlement hongkongais) avait déjà tenté de faire adopter une telle législation en 2003, mais avait renoncé face à des manifestations dans les rues de la ville. (Belga)