Plusieurs milliers de personnes manifestaient lundi à Bichkek, capitale du Kirghizstan, au lendemain d'élections parlementaires marquées par de possibles achats de voix selon des observateurs internationaux. Cinq partis n'ayant pu obtenir de siège ont organisé ces actions de protestations à différents endroits de la ville. Certains appelaient à l'organisation d'un nouveau vote. Des formations politiques proches du président pro-russe Sooronbay Jeenbekov ont dominé le scrutin de dimanche dans cette ex-république soviétique d'Asie centrale, réputée connaître un certain pluralisme mais régulièrement secouée par des crises politiques. "Les élections parlementaires kirghizes se sont bien déroulées dans l'ensemble et les candidats pouvaient faire campagne librement. Mais des allégations crédibles d'achats de voix suscitent une inquiétude sérieuse", a affirmé Thomas Boserup, chef de la mission de l'OSCE venue observer les élections. Les partis Birimdik et Mekenim Kirghizstan, favorables à une intégration renforcée de Bichkek au sein de l'Union économique eurasiatique promue par Moscou, ont remporté chacun 25% des voix, après dépouillement de 98% des bulletins. Birimdik compte dans ses rangs le frère cadet du président, tandis que Mekenim Kirghizstan est soupçonné de représenter les intérêts du clan de Rayimbek Matraïmov, un ancien responsable visé par des manifestations anti-corruption l'année dernière. Le parti pro-présidentiel Kirghizstan devrait également se maintenir au Parlement avec plus de 8% des voix. Trois partis ayant échoué à atteindre ce seuil ont organisé deux manifestations lundi, l'une ayant réuni quelques centaines de personnes et l'autre plusieurs milliers. Au cours de l'une d'elle, un candidat d'un parti d'opposition a promis de rassembler "20.000 à 30.000 personnes et renverser pacifiquement" le gouvernement, suscitant les applaudissements de la foule. (Belga)