Les partis proches du président prorusse Sooronbaï Jeenbekov ont remporté dimanche les législatives au Kirghizstan, d'après des résultats quasi-définitifs, sur fond de craintes d'achats de voix et d'irrégularités dans un pays fragilisé par le Covid-19.Après dépouillement de 95% des bulletins de vote, le Birimdik, le parti du plus jeune frère du chef de l'Etat, Asylbek Jeenbekov, et son principal rival, Mekenim Kirghizstan (Ma Patrie le Kirghizstan), lié à la puissante famille Matraïmov qui passe pour être elle aussi alliée à Sooronbaï Jeenbekov, sont crédités d'environ 24% chacun à l'issue de ce scrutin pluraliste, une rareté en Asie centrale. Et ce bien que son chef de file Rayimbek Matraïmov, un ancien responsable des douanes, ait été la cible de manifestations contre la corruption l'an passé. Un troisième parti soutenant le président kirghiz, le Parti du Kirghizstan, a de son côté obtenu 9% des suffrages, toujours selon ces résultats préliminaires communiqués par la Commission électorale centrale. Une formation nationaliste, Butun Kyrgyzstan, a pour sa part tout juste dépassé les 7% des voix, le seuil requis pour entrer au Parlement, et ce contrairement au Mekentchil, un autre mouvement nationaliste, qui n'arriverait qu'à 6,9%. Dans un environnement de régimes autoritaires, ce pays montagneux reste un îlot de pluralisme en Asie centrale ex-soviétique. Mais avec l'épidémie de coronavirus qui a aggravé la pauvreté de la population, beaucoup redoutent une éventuelle corruption massive du vote par les partis les plus riches. Selon les analystes, ces élections ne devraient pas remettre en cause la proximité du Kirghizstan avec la Russie, les deux principaux partis s'étant exprimés en faveur d'une poursuite de l'intégration à l'Union économique eurasiatique menée par Moscou. Depuis que le Kirghizstan l'a rejointe en 2015, elle a amélioré le statut des centaines de milliers de migrants kirghizes travaillant en Russie. (Belga)