Les ministres de l'Intérieur de l'Union européenne sont d'accord de prendre la proposition de la Commission d'un Pacte européen pour l'asile et la migration comme base de discussion, a affirmé lundi la présidence allemande à l'issue d'une réunion par vidéoconférence.Malgré la sensibilité du sujet et les retards qui ont poussé la Commission à ne publier sa proposition qu'en septembre dernier, le ministre allemand de l'Intérieur Horst Seehofer, dont le pays assure la présidence semestrielle du Conseil de l'UE, gardait l'espoir d'un accord avant la fin de l'année. Ce ne sera pas le cas. Mais l'Allemagne fait valoir une avancée: tous les États membres considèrent désormais la proposition de la Commission comme une base de discussion, ce qui n'était pas le cas ces dernières années, a fait valoir le secrétaire d'État allemand Stephan Mayer. C'est à ses yeux un progrès appréciable d'entendre les 27 États membres reconnaître que la lutte contre la migration illégale et la gestion des migrations légales sont une vraie question d'ampleur européenne, et pas seulement des pays de premier accueil comme la Grèce ou l'Italie, ou de destination comme l'Allemagne, a-t-il fait valoir. "Auparavant, certains États membres disaient que ce n'était pas leur problème", a-t-il ajouté. Réfutant tout échec, M. Mayer fait valoir le fait que, Covid oblige, aucune session du Conseil des ministres de l'Intérieur n'a pu être tenue en présentiel sous présidence allemande, alors que le sujet requiert des rencontres bilatérales. "Nous pensons avoir remis ce dossier sur les rails", a-t-il affirmé en transférant le dossier au Portugal, qui prendra la présidence tournante de l'UE le 1er janvier. La proposition de la Commission Von der Leyen d'un nouveau Pacte pour la migration et l'asile renonce à demander à chaque État membre d'accueillir obligatoirement un certain nombre de demandeurs d'asile sur son territoire en cas de forte pression sur les pays de première entrée, avançant notamment une option d'aide au retour vers le pays d'origine. Malgré ce changement de cap, plusieurs États réticents à la solidarité en la matière, comme ceux du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, Tchéquie, Slovaquie), ou demandeurs comme l'Italie, avaient rapidement formulé de vives critiques, laissant craindre un nouvel enlisement. (Belga)