Tous les projets de plan budgétaire des États membres de la zone euro, y compris celui de la Belgique, sont jugés conformes globalement aux recommandations européennes dans le contexte particulier de la pandémie de Covid-19, a communiqué mercredi la Commission européenne. Vu que l'Europe s'est écartée temporairement du carcan du Pacte de stabilité et de croissance, avec ses règles établissant habituellement les limites à respecter en termes de déficit et de dette des États, la Commission s'est penchée sur les mesures budgétaires imaginées par chaque État pour soutenir l'économie en 2021 (par exemple sur le plan fiscal) et tenter de sortir de la crise liée au coronavirus. L'exécutif européen continue d'encourager l'idée d'un soutien actif de l'activité économique en ces temps incertains. Il ne faut cependant pas perdre de vue la viabilité future des finances publiques, et éviter de creuser la dette plus que de raison, souligne la Commission, qui préconise des mesures ciblées et temporaires. Ainsi, si chaque plan de budget respecte "globalement" sa vision, elle met en garde quatre pays: "certaines mesures présentées dans les projets de plan budgétaire de la France, de l'Italie, de la Lituanie et de la Slovaquie ne semblent pas temporaires ni accompagnées de mesures de compensation", s'inquiète-t-elle. Quant à la Belgique, qui fait partie des États dont la dette publique était déjà "élevée" avant la crise du coronavirus, elle doit "veiller à ce que les mesures budgétaires de soutien adoptées préservent la viabilité des finances publiques à moyen terme", note la Commission. Celle-ci fait le même constat pour la France, la Grèce, l'Italie, le Portugal et l'Espagne. En temps normal, la Commission aurait sans doute grondé Bruxelles pour n'avoir pas suivi la trajectoire d'ajustement de sa dette. La pandémie a cependant rebattu les cartes. Selon les prévisions européennes, l'économie belge devrait se contracter de 8,4% en 2020 avant un rebond de 4,5% en 2021. La Belgique table sur un déficit budgétaire nominal revenu à 6,9% du PIB pour 2021 (10,7% en 2020). Mais la Commission le voit plus élevé pour ces deux années. Certaines dépenses supplémentaires prévues par la Belgique pour l'an prochain, pour un total de 0,3% du PIB selon la Commission, n'apparaissent pas comme temporaires ou compensées, met-elle en garde. Cela concerne en particulier "des augmentations salariales pour les travailleurs des soins de santé, des augmentations de la pension minimum et des dépenses additionnelles pour l'éducation". Vu le niveau déjà élevé de sa dette publique (le gouvernement projette une dette publique à 116,5% du PIB fin 2020, la Commission prévoit 117,8%), la Belgique est "invitée" à "revoir régulièrement l'utilité, l'efficacité et l'adéquation des mesures de soutien, et à se tenir prête à les adapter si nécessaire à des changements de circonstances", conclut la Commission dans son évaluation de mercredi. (Belga)