La FGTB peut imaginer un compromis qui maintiendrait la loi de 1996 fixant l'augmentation salariale maximale 2021-2022 à 0,4% dans le secteur privé si l'on y prévoit des exceptions pour les secteurs qui fonctionnent bien, "mais la loi ne le permet pas", a confirmé lundi le président du syndicat socialiste Thierry Bodson, au lendemain d'indications en ce sens du Premier ministre Alexander De Croo.Le chef du gouvernement a souligné dimanche soir, dans le JT de la RTBF, que le ministre de l'Emploi Pierre-Yves Dermagne (PS) et lui-même avaient fourni des pistes depuis quelques semaines aux patrons et aux syndicats, afin d'ouvrir la possibilité à des entreprises qui engrangent de bons résultats de donner plus d'augmentation à leurs travailleurs. "Donner de la flexibilité à des entreprises qui ont bien fonctionné, c'est la logique même", avait indiqué M. De Croo (Open Vld). Le président du PS, Paul Magnette, avait lui-même suggéré samedi dans Le Soir de "trouver des voies à côté de la loi" de 1996, devenue avec sa modification de 2017 "un carcan tellement rigide qu'il n'y aura plus jamais d'accord dans ce cadre". Il voit une possibilité de "compléter la loi" par des arrêtés et circulaires sur la norme salariale, à discuter au conseil des ministres. Pour Thierry Bodson, on pourrait imaginer des exceptions à la loi de 1966 "pendant deux ou quatre ans". "On est prêt à négocier sur cette base-là, mais ça veut dire alors que le gouvernement - et principalement les libéraux - doivent accepter de mettre une exception à la loi de 1996, et ça j'en doute", a-t-il dit sur Bel-RTL. À ses yeux, il reste "incompréhensible qu'on nous demande d'aller négocier avec la même marge chez Pfizer et chez les coiffeurs". "La norme ne doit pas être la même pour tout le monde. D'ailleurs on sait depuis un bon moment qu'il n'y aura pas de négociation au niveau des coiffeurs", a commenté le syndicaliste. Patrons et syndicats ne sont jusqu'ici pas parvenus à s'entendre sur l'accord interprofessionnel (AIP) 2021-2022, qui fixe la marge d'augmentation dans le secteur privé. CSC et FGTB mènent ce lundi une grève générale face à l'inflexibilité du patronat. Le gouvernement sera appelé à trancher si l'impasse perdure. Interrogé sur La Première (RTBF), le député PTB Raoul Hedebouw a considéré que les propos du Premier ministre dimanche soir démontraient qu'Alexander De Croo était "en train de plier petit à petit" face à la mobilisation des travailleurs. Ce ne serait quoi qu'il en soit pas suffisant à ses yeux d'autoriser des primes annuelles exceptionnelles alors que "les travailleurs veulent une vraie augmentation salariale, structurelle." Il souligne qu'une circulaire ne peut être au-dessus d'une loi, raison pour laquelle il a avancé avec le député PS Marc Goblet la proposition de rendre la norme salariale seulement indicative. (Belga)