Les patients peuvent faire deux épisodes infectieux de Covid-19 au cours de la même année, ressort-il vendredi des résultats de la plus grande étude européenne sur la perte de goût et d'odorat chez les personnes infectées par le coronavirus. Menée par l'UMons, l'étude multicentrique tend à suggérer la vaccination des patients ayant déjà contracté une forme légère ou modérée du virus, ceux-ci n'étant pas protégés d'une seconde infection.L'étude de cohorte, qui vient de faire l'objet d'une publication dans le "Journal of Internal Medecine", a été menée auprès de 45 patients ayant subi deux infections au coronavirus. Ces personnes faisaient partie des plus de 9.000 patients recrutés pour la première étude épidémiologique menée lors de la première vague. L'étude, visant l'analyse des caractéristiques cliniques des patients ayant fait deux épisodes de Covid-19, montre que la seconde forme clinique est survenue en moyenne 5,6 mois après la première et que, parmi les 45 patients ayant initialement contracté une forme légère ou modérée du virus, aucun n'a fait une seconde infection sévère. La présentation clinique de la seconde forme était par ailleurs "relativement similaire à la première": les patients ayant développé des problèmes respiratoires ou digestifs ont, lors de la deuxième infection, eu les mêmes symptômes. "Un des seuls symptômes qui n'est pas systématiquement retrouvé au cours des deux formes cliniques est la perte d'odorat", ressort-il des recherches. L'étude suggère que 28% des patients ayant réalisé une sérologie après la première infection n'avaient plus d'anticorps détectables dans le sang deux mois après l'infection. Elle ajoute que huit des 45 patients étaient des soignants, "ce qui renforce l'intérêt d'une vaccination rapide du personnel soignant, lequel est particulièrement susceptible d'être réexposé au virus ou à ses variants". Les chercheurs ne savent pour l'instant pas encore si la réinfection intervient à la suite d'un nouveau contact avec le Covid-19 ou s'il s'agit d'une réactivation du virus. "La première hypothèse semble la plus probable" mais n'a pas encore été formellement démontrée par des études expérimentales et immunologiques. Si les résultats de l'étude doivent être confirmés par des études similaires, les chercheurs de l'UMons affirment qu'ils tendent cependant à "suggérer l'intérêt de vacciner les patients ayant fait une forme légère ou modérée de Covid-19 car ceux-ci ne seraient pas protégés d'une seconde infection". (Belga)