Les pharmacies wallonnes pourront dès mercredi orienter les femmes victimes de violences conjugales vers un service d'aide, a annoncé mardi la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale, dans un communiqué ainsi que dans les journaux de Sudpresse et sur les ondes Bel-RTL.Les mesures de confinement de la population ont multiplié les cas de violences intrafamiliales. "Il y a une recrudescence très claire. Durant la première vague de confinement, le nombre d'appels vers la ligne 0800 30 300 (www.ecouteviolencesconjugales.be) a triplé et, pour le moment, on est encore au double par rapport à une période normale", a expliqué la ministre. Des expériences ont déjà été menées à Liège et à Mons pour faire des pharmacies l'un des relais dans le cadre de cette lutte contre les violences. "C'est en général un endroit où on va seul et où on se sent en confiance. Il y a beaucoup de confidences qui s'y font. C'est en tout cas ce que beaucoup de pharmaciens m'ont dit quand je les ai rencontrés il y a quelques semaines. Sur les 1.800 pharmaciens de Wallonie, plusieurs centaines étaient présents et ont expliqué des tas de situations qu'ils ont vécues. Et en disant : voilà, nous, on a envie de jouer un rôle, qui est autre chose que de vendre des médicaments." Les pharmaciens et pharmaciennes wallons pourront orienter les victimes vers des services spécialisés de prise en charge et d'accompagnement ou vers la police. Un webinaire d'information, des explications, un vade-mecum contenant des informations pratiques et des affiches ont été mis à leur disposition pour informer les victimes dans leurs officines. "Les pharmaciens n'ont donc pas vocation à prendre en charge les victimes elles-mêmes, mais à les orienter", a précisé la ministre. Cette initiative s'inscrit dans le cadre des recommandations de la Conférence interministérielle droits des femmes. Elle a été élaborée en collaboration avec les organisations représentant les pharmaciens. (Belga)