Les mois d'avril et de mai ont été les plus secs depuis l'enregistrement de données météorologiques en Belgique. Depuis, la pluie est revenue mais les agriculteurs constatent des pertes s'élevant jusqu'à 30% de leurs récoltes. Juillet est le mois de moisson des céréales et les agriculteurs constatent déjà l'impact de la sécheresse. La récolte sera de 20 à 30% moins élevée que ce qui avait été planté, estime Marianne Streel, agricultrice et présidente de la Fédération Wallonne de l'Agriculture (FWA). "Le résultat est hétérogène", ajoute-t-elle. La perte varie selon les sols, qui gardent mieux l'eau s'ils sont limoneux, moins s'ils sont sablonneux. Elle varie aussi selon les parcelles : à certains endroits, il a davantage plu qu'ailleurs. À Bastogne, il a même plu suffisamment pendant les mois d'avril et de mai. Mais la perte est générale et constatée à travers toute l'Europe, comme en France et en Allemagne, mais aussi en Roumanie et en Bulgarie. Les épis de céréales se forment au printemps mais, s'il ne pleut pas assez, il n'y a pas suffisamment de nutriments dans le sol et la qualité des céréales en est appauvrie. Cette année, la qualité est normale, estime Marianne Streel. Toutefois, une qualité extraordinaire aurait permis de rattraper quelque peu la perte de quantité. Ensuite, à l'échelle internationale, les stocks de graines sont importants. L'offre est donc stable et la perte de production ne peut être rentabilisée par des prix en hausse. Ce sera ensuite bientôt au tour du colza et du maïs d'être moissonnés. Les agriculteurs s'attendent plus ou moins au même ratio de perte, hétérogène toujours. Pour les betteraves et les pommes de terre, le résultat devra être évalué à l'automne. Le lin a, lui, déjà beaucoup souffert. "Les plants de lin doivent mesurer 50 centimètres pour pouvoir obtenir des fibres utilisables pour le textile. Aujourd'hui, ils sont cependant encore très petits. C'est problématique", souligne Marianne Streel. Les récoltes de nombreux champs sont ainsi déjà perdues. Pour la croissance des plantes, le problème dépasse également les deux récents mois de sécheresse. En automne déjà, lorsque sont plantées les graines, les conditions météorologiques n'avaient pas été optimales. Et la pluie de ces dernières semaines n'a pas apporté de véritable solution. "Dans mes champs, les plants meurent sur pieds", déplore Marianne Streel. "Cela fait 30 ans que je suis agricultrice et je n'ai jamais vu ça de ma vie. C'est traumatisant." (Belga)