La police locale de la zone de Bruxelles-Ouest et la police nationale française ont démantelé cette semaine un réseau criminel impliqué dans le trafic de migrants, la traite d'êtres humains, y compris mineurs, la mendicité forcée, la fraude aux allocations sociales et la falsification de documents. L'organisation était active depuis plusieurs années et aurait réalisé des profits estimés à 5 millions d'euros grâce à ses activités criminelles. Treize suspects ont été interpellés et quinze mineurs ont été mis en sécurité, a indiqué Europol vendredi. Depuis avril 2018, les forces de l'ordre enquêtaient sur les activités de cette organisation criminelle opérant en Belgique et en France. La bande a facilité l'entrée illégale de migrants syriens en Europe et leur a fourni de faux documents pour qu'ils puissent demander l'asile et des allocations sociales de manière frauduleuse. Il s'agissait principalement de familles dont les enfants étaient enregistrés plusieurs fois sous de fausses identités afin de gagner davantage de revenus sociaux en France et en Belgique. Ces activités auraient rapporté environ 250.000 euros par famille. En "échange" des documents falsifiés et du logement reçus, l'organisation forçait les victimes à la rembourser. Pour cela, les enfants étaient obligés de mendier. Le réseau contrôlait au moins 80 zones de mendicité à Paris et dans ses environs et n'hésitait pas à recourir à la violence. Les enfants étaient régulièrement déplacés entre les différents lieux de mendicité et subissaient des sévices physiques et psychologiques. Les agents des forces de l'ordre ont estimé le profit hebdomadaire de cette activité criminelle à environ 3.000 euros par famille. La semaine dernière, les agents de police ont effectué des perquisitions à sept adresses, interpellé 13 individus dans les régions de Paris et de Lyon et libéré 15 mineurs. Ces derniers ont été confiés aux services de la protection de la jeunesse. Les enquêteurs ont également saisi des documents falsifiés, des téléphones portables, des bijoux et des preuves de transferts d'argent. L'enquête est toujours en cours et d'autres arrestations devraient suivre, a indiqué la zone de police Bruxelles-Ouest. (Belga)