Il n'y a aucune raison de ne pas rouvrir les saunas privés le 18 mai, alors qu'ils peuvent assurer à tout moment la distanciation sociale, plaide l'Association sauna belge (ASB) jeudi, au lendemain du Conseil national de sécurité. Ce dernier a décidé que la deuxième phase du déconfinement débuterait lundi prochain, le 18 mai, avec la réouverture progressive des écoles, des marchés, des salons de coiffure, tatouage et esthétique, des musées ou encore des zoos. Mais pas un mot sur les saunas, dénonce la fédération belge des exploitants de saunas privés et publics. "Notre secteur est bien conscient que la santé doit aujourd'hui passer avant toute chose", accorde Erik Defillet, président de l'ASB. "Nous constatons toutefois que les saunas privés sont les grands oubliés de la réunion de mercredi du Conseil national de sécurité." La fédération demande de distinguer infrastructures publiques et privées, car leur fonctionnement diffère. "Les saunas privés sont accessibles uniquement sur réservation et accueillent, par tranche horaire, de deux à quatre personnes maximum qui appartiennent généralement à une même bulle. Celles-ci n'entrent pas en contact avec d'autres clients puisque les plages horaire ne s'enchaînent pas. En outre, la distanciation sociale est assurée avec les employés et le sauna est nettoyé en profondeur et désinfecté après chaque passage. Il n'y a donc aucune raison qu'ils ne puissent pas ouvrir le 18 mai", conclut M. Defillet. L'ASB souligne par ailleurs l'effet positif du sauna sur le système immunitaire et le fait que le virus ne survit pas dans les piscines et jacuzzi grâce au chlore. "Nos membres ne comprennent donc pas que certains métiers de contact comme les tatoueurs et centres de soins puissent, eux, rouvrir", poursuit le président de l'association. Financièrement, les infrastructures des saunas, publics comme privés, ont exigé "des millions d'euros d'investissements". "Parmi nos membres, nombreux sont ceux qui se retrouvent pris à la gorge. Nous apprécions les efforts du gouvernement pour soutenir les entreprises et les indépendants mais, pour nous, ces aides ne représentent qu'une goutte d'eau dans l'océan", ajoute la fédération. En postposant à nouveau la réouverture, 25% des emplois seraient menacés dans le secteur, ressort-il d'un questionnaire soumis aux membres de l'ASB. Un tiers de ces derniers craint également la faillite ou de nouveaux licenciements. L'association demande dès lors des mesures de soutien supplémentaires si les portes des saunas devaient rester closes plus longtemps. (Belga)