Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a assuré jeudi avoir la preuve que l'empoisonnement de l'opposant russe Alexeï Navalny a été "falsifié" par les Occidentaux afin de dissuader Moscou d'intervenir au Bélarus, où un puissant mouvement de contestation secoue le pays. Cette allégation intervient après l'annonce par la chancelière allemande mercredi qu'Alexeï Navalny, hospitalisé à Berlin dans le coma après avoir fait un malaise dans un avion en Sibérie, avait été empoisonné par un agent neurotoxique "de type Novitchok". Les Occidentaux ont pressé Moscou de s'expliquer, le Kremlin assurant pour sa part ne voir "aucune raison" d'accuser l'État russe et exhortant à ne pas tirer de "conclusions hâtives" sur l'empoisonnement de son principal adversaire politique. Recevant le Premier ministre russe à Minsk jeudi, Alexandre Loukachenko a assuré que ses services de renseignements ont "intercepté" un appel téléphonique entre Varsovie et Berlin, qui prouverait que le cas d'Alexeï Navalny est une "falsification". "Il n'y a pas eu d'empoisonnement de Navalny", a lancé le président bélarusse devant son homologue Mikhaïl Michoustine, le visage impassible. "Ils l'ont fait, et je cite, pour dissuader Poutine de mettre son nez dans les affaires du Bélarus", a ajouté M. Loukachenko. Sans donner davantage de détails, il a dit qu'il transmettrait la transcription de cet appel aux services de sécurité russes. Alexandre Loukachenko, 66 ans dont 26 à la tête du Bélarus, fait face à un mouvement de protestation inédit contestant sa réélection à la présidentielle du 9 août, que l'opposition bélarusse dénonce comme "frauduleuse". Se refusant à dialoguer avec ses détracteurs, il jouit du soutien de la Russie, son principal allié et partenaire économique. Les Européens rejettent, eux, les résultats de la présidentielle et préparent des sanctions visant des hauts responsables du pouvoir bélarusse. (Belga)