Les ministres des Finances de l'UE ont soutenu l'idée d'instaurer un superviseur au niveau européen pour la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, est-il ressorti mercredi de leur réunion tenue par visioconférence. Ce superviseur européen, proposé par la Commission en mai dernier, serait doté de pouvoirs de surveillance directs sur un certain nombre d'entités assujetties à haut risque, et pourrait aussi reprendre la surveillance d'un contrôleur national "dans des situations clairement définies et exceptionnelles", selon les grands argentiers européens. Il n'est pas question d'une police financière européenne comme d'aucuns la réclamaient. Autre sujet de préoccupation: les prêts non performants, ces prêts bancaires qui sont en souffrance depuis plus de 90 jours ou qui sont peu susceptibles d'être remboursés intégralement sans nécessiter la réalisation de garanties. Ces actifs douteux s'accumulent à nouveau dans les banques avec la crise du coronavirus. Un plan d'action existe déjà pour ceux hérités de la crise financière de 2008, mais un autre doit être établi pour les nouveaux. Le bilan des banques doit en effet être nettoyé pour qu'elles puissent prêter plus aisément pour répondre à la crise. La Commission est attendue sur ce point dès le mois prochain. Évoquée ces derniers mois, l'idée de créer une "bad bank" européenne bute sur la crainte du partage du risque, ce qui amène à évoquer plutôt un réseau de "bad banks" européennes et des lignes directrices communes sur les aides que les États pourraient apporter sans céder à une concurrence déloyale. Au niveau conjoncturel, la Commission doit présenter ce jeudi ses prévisions économiques d'automne. Elles montreront que la relance escomptée pour l'an prochain sera plus lente que prévu, a averti mercredi le commissaire Valdis Dombrovskis. La clause dérogatoire générale du Pacte de stabilité et de croissance, décidée au printemps dernier pour éviter aux États de devoir limiter leur déficit public à 3% du PIB et leur dette publique à 60% du PIB, restera d'application en 2021, a ajouté le Letton. (Belga)