Le Premier ministre démissionnaire malaisien Mahathir Mohamad a proposé mercredi de former un gouvernement d'union, lors de sa première prise de parole depuis l'annonce surprise de son départ qui a plongé le pays dans l'incertitude politique. Cette déclaration intervient sur fond de manoeuvres dans les états-majors politiques alors que des parlementaires de la coalition au pouvoir et de l'opposition ont tenté de former un gouvernement, et ce afin d'empêcher l'arrivée au pouvoir d'Anwar Ibrahim, successeur désigné de M. Mahathir. "La politique partisane doit être mise de côté pour l'instant", a déclaré dans un discours télévisé à la Nation M. Mahathir qui avait remis lundi sa démission au roi de Malaisie après l'échec de cette tentative. "Si on me le permet, j'essaierai de former un gouvernement inclusif qui ne prenne position pour aucun parti politique", a-t-il assuré. M. Mahathir, 94 ans, considéré par certains comme le père fondateur de la Malaisie moderne, était revenu au pouvoir en 2018 quinze ans après l'avoir quitté, grâce à la victoire du Pacte de l'Espoir, une coalition qui comprenait nombre de ses anciens opposants dont Anwar Ibrahim, son ex-bras droit jusque dans les années 1990 devenu son ennemi juré. Les relations houleuses entre MM. Anwar et Mahathir dominent la vie politique en Malaisie depuis plus de vingt ans. Mais les deux hommes s'étaient alliés pour renverser en 2018 l'ex-Premier ministre Najib Razak, empêtré dans un énorme scandale de détournement de fonds. M. Mahathir, qui avait déjà dirigé le pays de 1981 à 2003, s'était alors engagé à céder la place dans les deux ans à M. Anwar. Ce dernier, à l'époque emprisonné pour sodomie -une condamnation politique selon ses partisans-, avait été immédiatement gracié par le roi et libéré. (Belga)