Près d'une cinquantaine de personnes se sont rassemblées jeudi en fin de journée devant l'ambassade des Philippines, située avenue Molière à Ixelles, pour dénoncer les exécutions extrajudiciaires, les arrestations illégales et le harcèlement de défenseurs des droits humains philippins.Une grande banderole portait le message "Stop the killings ! Justice now !". Ce slogan a également été scandé par les manifestants. Beaucoup de chants ont été entonnés, parmi lesquels "Power to the people", "Do you hear the people sing ?" et "The times they are a-changin'". Un système de cordage reliait les participants et leur mouvement conjoint a fini par faire tomber la personne au centre, qui figurait le gouvernement philippin. Des manifestants arboraient encore des messages comme "Junk the terror law". "La société civile philippine appelle à faire tomber la loi antiterrorisme passée en juillet par le président Rodrigo Duterte parce qu'elle criminalise les défenseurs des droits humains", explique Fiona Ben Chekroun, responsable politique à l'ONG Viva Salud. "Ce rassemblement est lié à ce qu'on appelle le 'bloody sunday', qui a eu lieu le 7 mars, jour où plusieurs activistes et avocats ont été assassinés (9) et arrêtés (6). C'est un énième attaque à l'encontre du mouvement social philippin. On appelle devant l'ambassade des Philippines à arrêter cette escalade et à lever ce climat d'impunité qui encourage à commettre des atrocités à l'encontre de militants des droits humains". La dizaine d'acteurs de la société civile belge qui soutenaient la mobilisation, parmi lesquels l'ONG CNCD-11.11.11, l'ASBL Quinoa, le cabinet d'avocats Progress Lawyers Network et le mouvement Intal, ont pointé l'appel du président philippin quelques jours plus tôt, début mars, à tuer les "rebelles communistes". Ils dénoncent également le décret 70 de décembre 2018 et le groupe de travail national pour mettre fin aux conflits armés communistes locaux comme autant d'outils légaux utilisés pour oppresser les défenseurs des droits à la terre parmi les paysans locaux comme les militants écologistes. Ils déplorent de plus fin mars l'assassinat du dirigeant syndical Dandy Miguel et de nouvelles arrestations. Les organisateurs appellent à ouvrir une enquête indépendante sur la situation des droits humains aux Philippines, conformément aux recommandations de 2020 de la haute commissaire des Nations Unies aux droits humains Michelle Bachelet. (Belga)