Une trentaine de personnes ont manifesté lundi de 17h00 à 18h30 devant l'ambassade britannique à Bruxelles pour protester contre le sort du fondateur de Wikileaks, Julian Assange, à l'occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse."C'est la troisième journée de la presse que Julian Assange passe en prison pour avoir fait du journalisme d'investigation", s'indigne Marie-France Deprez, porte-parole du comité Free.Assange.Belgium, pour qui Wikileaks symbolise "l'information comme bien commun"; le thème de cette troisième journée mondiale de la presse. Pour se faire entendre, les manifestants ont sifflé et tapé sur des casseroles devant l'ambassade. Ils ont scandé des slogans comme "No extradition" et "UK, shame on you", dénonçant l'attitude du Royaume-Uni. Des photos montraient la statue de la "Liberté de la presse" de la colonne du Congrès à Bruxelles au sol après être tombée de son socle en 2007 à cause d'une tempête. Des membres du comité ont réalisé une saynète autour de cette scène devant les locaux de la RTBF et la VRT en matinée. Ils y ont joué des lecteurs qui se voyaient dépourvus de leurs journaux. L'Australien de 49 ans, arrêté en avril 2019 après avoir passé sept ans reclus dans l'ambassade d'Equateur à Londres, encourt 175 ans de prison aux Etats-Unis pour avoir diffusé, à partir de 2010, plus de 700.000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan. "A travers des centaines de milliers de documents publiés sur Wikileaks, Julian Assange a révélé des crimes de guerre et des secrets", poursuit Marie-France Deprez. "La juge a assimilé son travail à de l'espionnage, ce qui constitue une défaite pour le journalisme d'investigation". La justice britannique a rejeté le 4 janvier dernier la demande d'extradition émise par les Etats-Unis. Mais Washington a introduit une demande d'appel, actuellement à l'examen. Le 6 janvier, la demande de remise en liberté conditionnelle déposée par Julian Assange a également été rejetée. (Belga)