Bruno Dayez, l'un des avocats de Marc Dutroux, a déclaré à Belga, mercredi après-midi, qu'il ne demandera pas de libération conditionnelle pour son client pour le moment. Le pénaliste a indiqué qu'il avait lu le dernier rapport d'expertise psychiatrique de Marc Dutroux, accablant pour ce dernier, raison pour laquelle le détenu et sa défense n'introduiront pas de demande de libération devant le tribunal de l'application des peines (TAP) de Bruxelles. "Pour l'instant, je vais plutôt investir mes forces vives dans l'amélioration de ses conditions de détention ou la modification de celles-ci", a indiqué Me Dayez.Les experts psychiatres qui ont examiné Marc Dutroux à la prison de Nivelles ont rendu leur rapport il y a quelques semaines, concluant que le détenu présente toujours un risque élevé de récidive. Il apparaît, dans leur rapport, que l'homme est toujours psychopathe, maladie mentale caractérisée par l'absence de remords et d'empathie, et donc présentant encore une dangerosité certaine. En octobre 2019, le TAP avait ordonné de procéder à cette nouvelle expertise psychiatrique de Marc Dutroux, conformément à la demande des avocats de ce dernier. Compte tenu des conclusions de ce rapport, Me Bruno Dayez, qui défend Marc Dutroux avec Me Nicolas Cohen, a déclaré mercredi qu'il renonçait donc, à court et moyen terme, à demander une libération anticipée de son client. "Je ne vais pas forcer le barrage. Cela n'a pas de sens d'aller me couvrir de ridicule par rapport à une expertise qui conclut qu'il reste potentiellement dangereux et que pour l'instant, seul un cadre strict et fermé convient", a commenté le pénaliste. "Je dois changer mon fusil d'épaule. J'espérais évidemment obtenir une ouverture par le biais de ce rapport mais tout est au contraire cadenassé. Cela étant, ça me laisse perplexe car c'est pratiquement un rapport d'autopsie qui consiste à dire que monsieur Dutroux doit rester détenu ad vitam æternam dans les mêmes conditions. Les psychiatres ne suggèrent rien, ils ne proposent rien en renvoyant la balle dans le camp de défense. Mais proposer un plan de reclassement pour un détenu qu'on considère comme présentant un profil de personnalité psychopathique, c'est me demander l'impossible", a-t-il expliqué. "Pour l'instant, je vais plutôt investir mes forces vives dans l'amélioration de ses conditions de détention ou la modification de celles-ci. Par ailleurs, il me supplie à grands cris de travailler avec lui sur le fond du dossier et de soutenir sa version des choses selon laquelle il a été injustement condamné pour certains des chefs d'accusation. Comme je pense que cette affaire concerne depuis toute éternité le tout public, je ferai part le moment venu de sa version des faits", a encore déclaré Me Dayez. Marc Dutroux a été condamné en 2004 à la réclusion à perpétuité et à 10 ans de mise à disposition du TAP, pour avoir enlevé et séquestré six jeunes filles - Julie, Mélissa, An, Eefje, Sabine et Laëtitia -, pour avoir abusé sexuellement d'elles et pour avoir tué les quatre premières. (Belga)