Le personnel de De Lijn menace de faire grève si tous les bus ne sont pas rapidement équipés d'une paroi de protection pour les chauffeurs. La semaine dernière, le front commun a déposé un préavis qui couvre les actions à partir de lundi, indique Rita Coeck du syndicat socialiste ACOD. Le prévis fait partie d'un débat plus large sur la responsabilité sociale de De Lijn. Au cours des dernières semaines, l'entreprise a constaté une baisse du nombre de voyageurs pouvant aller jusqu'à 90% en raison de la pandémie de nouveau coronavirus. "Mais en raison de l'assouplissement des mesures, arrivera un jour où plus de gens se présenteront dans les bus et les trams. Que ferons-nous alors?", se questionne Rita Coeck. "De Lijn se cache derrière un plan élaboré en théorie. Et le raisonnement est que nous verrons comment cela se passe dans la pratique." C'est pourquoi les syndicats attendent de la direction un plan avec des directives concrètes sur le nombre de personnes qui peuvent s'asseoir dans un bus ou un tram et comment cela doit se dérouler. "Personne ne peut dire combien, et la direction estime que peu de gens prendront le bus", souligne Rita Coeck. D'après un calcul rapide des syndicats sur base d'un bus normal de 12 mètres, un maximum de 10 passagers pourraient monter, en respectant ainsi un mètre et demi de distance. Les syndicats attendent également des précisions sur qui contrôlera et comment ces contrôles seront effectués. "Nos contrôleurs? D'accord, ils peuvent être appelés, mais nous n'en avons qu'une centaine dans toute la Flandre. Ils ne peuvent pas être mobilisés partout", explique la responsable syndicale. "Et la police va-t-elle contrôler? Ce n'est pas la garde personnelle de De Lijn." "La protection des passagers et des conducteurs est notre priorité absolue", déclare pour sa part la direction. "Nous avons suivi toutes les directives gouvernementales avec précision et rapidité depuis le début de la crise, et nous avons toujours consulté les syndicats." De Lijn reconnaît cependant que le poste de conduite n'est pas encore protégé dans tous les bus. "Des protections ont été commandées pour protéger le poste de conduite. (...) Cependant, une partie de la commande pour les protections a été annulée par le fournisseur allemand." C'est pourquoi De Lijn travaille actuellement sur une solution d'urgence avec du film plastique, déployée à 80% dans les bus (environ 3.000) dans toute la Flandre. Des travaux sont en cours pour s'assurer que tout sera en ordre d'ici lundi. Rita Coeck précise que le préavis de grève sera retiré si une protection est fournie dans tous les bus. (Belga)