Le président du parlement européen et les présidentes des Chambres belge, néerlandaise et lituanienne ont adressé lundi à l'ambassade de Chine à Bruxelles une déclaration commune dans laquelle ils condamnent les sanctions prises par la République populaire contre plusieurs parlementaires qui dénoncent les persécutions de la minorité ouïghoure dans la province de Xinjiang (nord-ouest)."Nous condamnons dans les termes les plus forts les mesures de rétorsion prises par les autorités chinoises contre des membres de nos parlements. Nous sommes extrêmement préoccupés par cette violation sérieuse de la liberté d'expression. Une telle intimidation de parlementaires est inacceptable"', ont écrit David Sassoli (Parlement européen) Eliane Tillieux (Chambre belge), Khadija Arib (Chambre néerlandaise) et Viktorija ?milyté-Nielsen (Parlement lituanien) . "Nous croyons que la diplomatie parlementaire est essentielle. Pour cette raison, nous exhortons les autorités chinoises de reconsidérer cette décision qui pourrait affecter les relations futures entre nos parlements", ont-ils ajouté. MmeTillieux a fait remettre lundi après-midi à l'ambassade chinoise à Bruxelles la déclaration commune. "Il est intolérable que l'on touche aux libertés parlementaires, il en va du respect de nos valeurs démocratiques. Je remercie vivement mes collègues de s'être joints à cette initiative qui vise au réexamen des décisions prises par les autorités chinoises et à envoyer un signal fort et solidaire", a-t-elle ajouté. Le 22 mars, Pékin a annoncé des sanctions contre dix Européens en représailles à des sanctions ciblées de l'UE contre certains responsables chinois et une organisation étatique, impliqués dans la répression de la minorité musulmane des Ouïghours. Plusieurs parlementaires sont visés, dont l'élu écologiste belge Samuel Cogolati, auteur d'une proposition de résolution demandant la reconnaissance au titre de génocide de la persécution des Ouïghours. La ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès, avait convoqué dans la foulée l'ambassadeur de Chine à Bruxelles, Cao Zhongming, pour lui signifier le rejet par la Belgique de ces sanctions. (Belga)