Quelques dizaines de personnes se sont rassemblées jeudi à 12h30 place de l'Albertine à Bruxelles pour défendre le droit de filmer la police, en marge de l'ouverture du procès devant le tribunal correctionnel de Bruxelles de deux policiers, prévenus pour avoir supprimé illégalement des données vidéo de journalistes de Zin TV lors d'une manifestation contre les traités de libre-échange en octobre 2015 dans le quartier européen à Bruxelles."Filmer la police est un droit", avaient écrit sur des feuilles de papier les manifestants. Des discours et témoignages ont été prononcés. Pour rappel, les reporters Thomas Michel et Maxime Lehoux se sont faits arrêtés administrativement alors qu'ils filmaient des interpellations de manifestants, malgré le fait qu'ils s'étaient identifiés comme appartenant au média Zin TV. C'est après leur libération, alors qu'ils venaient prendre des images de la remise en liberté des manifestants, que des policiers ont saisi leur matériel et ont effacé l'ensemble des images filmées sur la journée. "C'est un cas quand même atypique car il y a eu saisie et destruction des images, mais c'est un cas symptomatique avec des journalistes", a défendu Olivia Venet, présidente de la Ligue des droits humains (LDH) lors du rassemblement. "En pratique, on voit bien que les citoyens qui filment vont vite se faire interpeller par les policiers, qui viennent leur dire qu'ils n'ont pas le droit de filmer. Juridiquement, ce droit de filmer est pourtant indiscutable. Il faut donc qu'il puisse être intégré et accepté par les policiers pour qu'il puisse être exercé en toute simplicité". Elle estime que cela vaut a fortiori pour les journalistes car, selon elle, "il est fondamental que les journalistes puissent exercer leurs missions, sinon c'est une érosion de la démocratie". La limite de ne pas troubler une intervention de police est parfois un argument mobilisé par des policiers sur le terrain pour placer les journalistes à une distance très importante de la scène. "Quand tu filmes des luttes sociales et que tu ne veux pas rester derrière le cordon des policiers mais que tu veux être avec les manifestants, c'est toujours très compliqué de continuer à travailler", illustre Thomas Michel, membre de Zin TV.   (Belga)