Plusieurs dizaines de personnes se sont mobilisées samedi après-midi au bas des marches du Mont des Arts à Bruxelles pour une action intitulée #DecolonizeBozar, en écho à l'appel à candidatures lancé le 1er février en vue du remplacement du Conseil d'administration du Palais des Beaux-arts.Pour la première fois, un appel public à candidatures a été lancé le 1er février pour renouveler les conseils d'administration des institutions culturelles fédérales. Celui-ci se clôture cependant le 15 février. Pour le collectif Intal Congo, à l'origine de l'action organisée ce samedi sous forme de flashmob, ce délai "trop court laisse peu de chances à de potentiels candidats qui souhaiteraient faire avancer le débat décolonial au sein de Bozar". Le mouvement y voit même "la volonté de limiter le nombre de candidats à un cercle fortement restreint". Au cours de l'action, des tracts ont été distribués aux passants pour les inviter à signer une pétition appelant à la "décolonisation de la culture et des arts". Cette pétition cible particulièrement le Palais des beaux-arts, car "Bozar est l'institution belge des arts et de la culture par excellence", explique Brenda Odimba, membre d'Intal Congo. "On peut ainsi donner un exemple concret de manque de 'décolonialité' dans la gestion et les choix des personnes à la tête de l'institution". Le collectif vise notamment Étienne Davignon, à la tête du CA de Bozar depuis 1998 et visé par une plainte déposée en 2011 par des membres de la famille de l'ex-Premier ministre congolais, Patrice Lumumba, assassiné en 1961. Bien que M. Davignon ait déclaré en décembre ne pas être candidat à sa succession, "nous demandons son départ immédiat, ainsi que des explications et des excuses pour son maintien à la présidence du CA de Bozar, alors qu'il fait l'objet d'une plainte, depuis 2011, pour son implication dans l'élimination politique et physique du leader congolais Patrice Emery Lumumba", pointe Brenda Odimba.     "Il avait également interdit l'image de Lumumba lors du premier festival Afropolitan. On ne veut pas qu'il parte avec les honneurs qui lui sont faits", conclut-elle. (Belga)