Journalistes et militants des droits de l'Homme se sont mobilisés lundi à Paris, Alger et Tunis pour exiger la libération du journaliste indépendant algérien Khaled Drareni, condamné à trois ans de prison ferme, à la veille de son procès en appel. Gilles Bouleau, Anne-Claire Coudray, Laurent Delahousse, Harry Roselmack, Bernard de la Villardière ou Daphné Bürki... Une dizaine de journalistes vedettes français se sont rassemblés devant l'ambassade d'Algérie à Paris à l'appel de Reporters sans frontières (RSF), dont des militants ont brandi portraits et pancartes clamant "Free Khaled" et "We are Khaled", a constaté l'AFP. M. Drareni, 40 ans, est directeur du site d'information Casbah Tribune et correspondant en Algérie pour la chaîne francophone Tv5 Monde et pour Reporters sans frontières (RSF). Incarcéré depuis le 29 mars, il a été condamné le 10 août à trois ans d'emprisonnement et à une lourde amende pour "incitation à attroupement non armé" et "atteinte à l'unité nationale". Le journaliste sera jugé en appel par "visioconférence" mardi, depuis le centre pénitentiaire de Koléa, près d'Alger. Khaled Drareni était poursuivi à la suite de sa couverture le 7 mars à Alger d'une manifestation du "Hirak", le soulèvement populaire qui a secoué l'Algérie pendant plus d'un an jusqu'à sa suspension il y a quelques mois en raison de la pandémie de Covid-19. A Alger, pour le troisième lundi consécutif, quelque 200 personnes -- avocats, journalistes, étudiants, artistes et simples citoyens -- se sont retrouvées dans la cour de la Maison de la presse, dans le centre de la capitale, par solidarité avec Khaled Drareni et au nom de la défense de la liberté d'expression. A Tunis également, une quarantaine de journalistes et de militants de la société civile se sont réunis à l'appel du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), de RSF et d'Amnesty International pour réclamer la libération du journaliste algérien. (Belga)