Les Belges ont dû laisser la victoire à Mathieu van der Poel au championnat du monde dimanche à Dübendorf en Suisse. Rien de surprenant jusque-là au vu de l'insolente domination du Néerlandais, mais ils ont aussi laissé échapper la deuxième place conquise par la jeune révélation britannique de la saison, Tom Pidcock, 20 ans. Toon Aerts, comme l'an dernier, est monté sur la troisième marche du podium. Il aura essayé de suivre van der Poel dans les premières mètres, mais "cela m'a coûté des forces parce qu'il est parti tellement vite que je devais cravacher déjà pour le suivre", a-t-il expliqué. "J'aurais voulu rester plus longtemps dans son sillage, mais avec la boue c'était très difficile. Quand Pidcock a attaqué, je n'ai pas eu les jambes pour suivre de suite. Je me suis rapproché un peu ensuite mais avec la profondeur des traces dans la boue et un parcours très lourd, c'était compliqué. Je suis tout de même sur le podium des meilleurs du monde, je peux en être fier, mais j'avoue que j'aurais bien voulu rester plus longtemps dans le sillage de van der Poel. Il nous a tout de suite distancé, et ça c'est triste. A Hoogerheide, la semaine dernière, j'avais pu répondre à sa première attaque, mais pas ici. La course était très difficile. Impossible de se relâcher durant l'heure de la course, à aucun moment. A la fin, j'étais vidé." "C'est très dommage, j'ai manqué une place sur le podium à cause d'un pneu à plat", a regretté de son côté Wout van Aert, 4e. "J'avais toujours gagné une médaille lors de mes huit autres championnats, je voulais vraiment consolider cette statistique. Il n'était pas vraiment question de tactique sur ce parcours avec la boue. C'était tuant. Il ne fallait pas se mettre dans le rouge". Après sa chute au Tour de France en juillet, Wout van Aert n'avait repris le chemin des labourés que le 27 décembre dernier à Loenhout, mais ne pouvait se satisfaire de cette 4e place. "Je suis déçu quand même parce qu'il ne faut pas vivre dans le passé, cela ne fait pas avancer. Ce n'est pas que je me réveille chaque matin en me tapant sur la poitrine et en me disant "tout va bien", mais à un moment il faut oser regarder plus loin et c'est à ça que je travaille." Eli Iserbyt espérait lui mieux que sa dixième place. "Je n'étais pas bon assez", a-t-il reconnu dans des propos audio rapportés par son équipe alors qu'il n'avait pas voulu s'arrêter en zone mixte pour la presse. "Mes premiers tours étaient bons, mais le rythme est devenu vite trop élevé pour moi. Surtout dans les montées. Sur les portions plates, il fallait de la puissance et je ne l'ai pas trouvée. J'étais venu pour un podium." Les Pays-Bas repartent ainsi de Suisse avec quatre titres mondiaux, et huit médailles sur 18. Outre celui de Mathieu van der Poel, Ceylin del Carmen Alvarado est devenue championne du monde de même que Shirin van Anrooij chez les juniores et Ryan Kamp chez les espoirs. Les Belges, de leur côté, ont glané quatre médailles mais un seul titre mondial, celui de Thibau Nys chez les juniors, Sven Sven Vanthourenhout, le sélectionneur national, en espérait six. (Belga)